Les oeuvres "liégeoises" seront ensuite exposées à Montréal

Artiste plasticien canadien, Jérôme Bouchard se passionne pour le non-dit des paysages post-industriels. Après des séjours résidentiels à la Tokyo Arts and Space Residency et au Ravi (Résidence Ateliers Vivegnis International), il s’est récemment installé au RElab (place Saint-Etienne, à Liège).. Une résidence de tous les possibles et dont la proximité des machines favorise la réflexion créative.

Aériennes et esthétiques, les oeuvres de Jérôme Bouchard offrent un regard poétique et critique sur nos espaces urbains comme sur la manière dont nous les traduisons en repères spatiaux. Intéressé par l’impact de l’activité humaine sur le territoire, l’artiste se passionne pour ce qui ne se donne pas à voir, comme la pollution du sol ou les gaz dans l’air.

Un monde invisible que l’artiste entend pourtant réhabiliter : « les paysages sont aujourd’hui scannés à l’aide d’une technique, le LIDAR (Light Detection and Ranging), qui traduit l’environnement en un nuage de points ». Un instrument de télédétection dont Jérôme Bouchard souligne les limites avec délicatesse, en construisant ses toiles autour des espaces qui lancent des défis à la représentation cartographiques.

Des données lidar publiques, qui constituent le matériau de base du travail de Jérôme Bouchard. Après les avoir agrégées, il les retranscrit en deux dimensions, sur des toiles de lin peintes à l’acrylique. Après la découpe laser, elles en ressortent partiellement brunies par la fumée que dégage la machine. Des altérations qui font partie intégrante du processus créatif : « la découpe au laser est au coeur du projet. Elle rappelle le laser de mesure, à l’origine des données sur lesquelles repose le projet. Ca me permet également de déstructurer la toile et de la pousser jusqu’à la limite de ce qu’elle est ».

Des oeuvres rendues possibles par l’équipe du RElab, qui a décidé d’accueillir l’artiste en résidence le temps de réaliser ses toiles, tout en lui mettant à disposition ses machines. Une proximité de l’homme et de la machine au croisement des techniques industrielles et artisanales qui n’est pas sans rappeler le nom que donne l’artiste à son travail : de proche en proche.

Les oeuvres seront visibles au RElab (Place Saint-Etienne, 1 ; 4000 Liège) jusqu’au 24 décembre 2020. Les visiteurs peuvent venir voir l’évolution du travail du lundi au vendredi. Elles seront ensuite exposées à la galerie Bellemare Lambert (Montréal) à partir du 27 février 2021.