Ce mercredi, Stéphane Moreau et Pol Heyse ont été libérés sous conditions par la chambre du conseil de Liège, mais le parquet général a fait appel de la décision, uniquement pour Stéphane Moreau. Ce dernier reste donc détenu avant son passage dans les 15 jours devant la chambre des mises en accusation de Liège.

Pour rappel, tout comme François Fornieri et Pierre Meyers, ils sont soupçonnés d’abus de biens sociaux et de détournements par personne exerçant une fonction publique. Une enquête a mis au jour d’importantes rémunérations touchées par certains des managers de Nethys au moment où François Fornieri y était administrateur et surtout président du comité de rémunération.

L’enquête porte sur des rémunérations pour un total qui dépasserait les 18 millions d’euros. Des sommes qui auraient échappé aux règles imposées par un décret wallon fixant une limite aux rémunérations des dirigeants de l’intercommunale liégeoise.

Stéphane Moreau est défendu par Me Adrien Masset, tandis que Pol Heynse est défendu par Mes Jean-Pierre Buyle et Me Thomas Metzger. Les avocats ont plaidé la levée des mandats d’arrêt, tout comme cela a été le cas la veille pour les autres protagonistes du dossier. "M. Moreau a salué l’objectivité du juge d’instruction", a indiqué Me Adrien Masset, à la sortie de l’audience. "Une quarantaine de personnes doivent encore être entendues. C’est lui donner beaucoup de pouvoir que de penser que M. Moreau pourrait les influencer."

Selon Me Masset, "il n’était pas question de détourner le décret mais bien d’évoluer vers une solution proposée par des conseils spécialisés en droit social et avalisés par le CNR, le conseil d’administration et vérifié par des sociétés d’audit."

L’inculpé qui serait "combatif" nie tous les faits mis à sa charge, tout comme son coïnculpé. " Notre client conteste les faits" , indique Mes Jean-Pierre Buyle, à la défense de Pol Heyse. La défense a demandé de nouvelles auditions. "Nous avons demandé que d’autres personnes soient interrogées, c’est-à-dire les vrais décideurs. Il apparaît maintenant du dossier que la plupart des décisions ont été validées, suggérées, recommandées, selon les cas, par différents hommes et femmes politiques de la région de Liège. Je ne vais pas donner des noms. Le dossier n’est pas fini, il y a encore de vraies zones d’ombre du côté des vrais décideurs."

Les avocats de Pol Heyse ont signalé que leur client était dans un " état de désarroi", à la suite de son incarcération.