Ce mercredi, les avocats de la défense du volet liégeois de la course-poursuite lors de laquelle la petite Mawda , a perdu la vie, ont plaidé l’acquittement. Pour rappel, lors de la précédente audience, le parquet fédéral avait requis des peines allant de 18 mois de prison à 5 ans de prison ferme à l’encontre des prévenus qui doivent répondre de traffic d’être humain. Le parquet fédéral a requis des peines de 3, 4 et 5 ans de prison à l'encontre des trois prévenus qui ont comparu détenus et des peines de 18 mois et 2 ans de prison à l'encontre des trois prévenus qui font défaut. 

Me Moreau qui défend un des prévenus a débuté sa plaidoirie en ayant une parole pour la tragédie et la douleur des parents de Mawda. " L’intégralité des infractions à part le séjour illégal est contestée ", a indiqué l’avocat. " Mon client ne conteste pas avoir été dans des camionnettes à plusieurs reprises, mais il l’explique par le fait qu’il a tenté à de nombreuses reprises de se rendre au Royaume Uni.

Selon l’avocat, il n’y a aucun des trafiquants sur les bancs des prévenus. Il a rappelé que les parents n’ont désigné aucun des suspects. " Sa seule présence dans les camionnettes, ne permet pas de démontrer qu’il est passeur. La lutte contre le trafic d’êtres humains doit être menée, mais la fin ne justifie pas les moyens. " Me Berbuto qui défend également ce prévenu qui n’est pas poursuivi devant le tribunal correctionnel de Mons a estimé que son client devait être acquitté. " Ce n’est pas parce que son ADN a été retrouvé sur un objet, qu’il se trouvait sur place. Il pourrait s’agir d’un transfert d’ADN secondaire. Il faut faire attention à ne pas avoir des conclusions trop hâtives. Il est lui-même une victime de ce trafic.

Me De Béco, qui défend celui qui aurait conduit la camionnette selon le parquet estime que le tribunal a été mis " dans une situation impossible ", en jugeant une affaire qui est parallèlement traitée à Mons. " Le trafic d’être humain n’est basé que sur le rôle présumé de chauffeur."  L’avocat a également eu une parole pour les parents de Mawda. Il a expliqué que le policier qui avait tiré sur la camionnette n’avait pas reconnu son client comme chauffeur. Il a plaidé l’acquittement ou la clémence. 

Me van Craeynest a relevé des contradictions dans le témoignage anonyme et a estimé que les prévenus étaient poursuivis parce qu’il " fallait bien trouver un responsable. " Il a également plaidé l’acquittement. Le   jugement est prévu pour le 24 février.