L'enquête sur la mort de Mbaye Wade vient de connaître une avancée plus que significative avec l’arrestation, vendredi tôt le matin, de deux personnes qui étaient lourdement suspectées d’être les meurtriers de Mbaye Wade.

Pour rappel, le 18 septembre au matin, l’avocat et conseiller communal liégeois Pascal Rodeyns a découvert le corps sans vie de son compagnon de longue date, Mbaye Wade. L’homme gisait au bord d’un lit situé au deuxième étage de l’habitation, rue Ambiorix, à Liège.

Caméras

Mbaye Wade avait été poignardé à plusieurs reprises, au niveau du thorax et de la gorge. Pascal Rodeyns a immédiatement prévenu les secours et les forces de l’ordre. En état de choc, il a directement été pris en charge par les secouristes. Pour Mbaye Wade, il n’y avait malheureusement plus rien à faire.

Lors de l’autopsie, le médecin légiste a pu établir que le premier coup de couteau reçu par la victime, au niveau du cœur, a été fatal. La mort s’est produite entre le jeudi à 23 h et le vendredi à 3 h du matin.

Comme nous le mentionnions dès samedi dernier, les enquêteurs liégeois plaçaient beaucoup d’espoir dans les images des caméras de surveillance installées dans la rue Ambiorix. Et, les images ont permis d’identifier deux personnes plus que suspectes puisqu’elles ont permis de démontrer que la nuit du meurtre, vers 23 heures, ces deux personnes étaient rentrées au domicile de Mbaye et ce, à une trentaine de minutes d’intervalle.

Les recherches se sont intensifiées et les deux personnes ont été identifiées. Il s’agit de deux hommes, l’un, Louis, originaire de Dinant et l’autre Jérémy, domicilié à Ans.


L'arme du crime retrouvée

Vendredi matin, la police est donc intervenue au domicile de Jérémy et y a trouvé les deux hommes. Ils ont immédiatement été privés de liberté et emmenés pour auditions. Le couteau de Jérémy a également été saisi. Il s’agit de l’arme du crime.

En effet, lors de son audition, Jérémy est rapidement passé aux aveux. Il a ainsi expliqué avoir fixé un rendez-vous avec Mbaye pour le voir en toute intimité.

Une fois sur place, les deux hommes qui se connaissaient déjà, se sont disputés à tel point qu’ils en seraient venus aux mains. Jérémy a alors sorti son couteau et a mortellement frappé son rival. Selon lui, Mbaye est décédé très rapidement.

Constatant que Mbaye était mort, Jérémy a appelé un ami, Louis. Ensemble, ils ont très sommairement fouillé la maison et emporté GSM, ordinateur et bijoux. Ils sont ensuite retournés, ensemble, au domicile de Jérémy, à Ans. Là, ils ont coupé le GSM de Mbaye.

Inconnu de la justice, Jérémy sera présenté au juge d’instruction, ce samedi en début d’après-midi et ce, pour meurtre. Louis, suivra le même chemin, considéré comme coauteur des faits, il est également en aveux. La circonstance aggravante d’homophobie n’a, à ce stade, pas été retenue.

Pourra-t-on garder le dossier au parquet de Liège ?

Avec l’arrestation de Jérémy et Louis, les enquêteurs liégeois ont fait un énorme bond en avant dans le dossier du meurtre de Mbaye Wade. Leur tâche n’est pas terminée, mais il faut constater que le dossier va maintenant poursuivre un parcours qui sera bien plus du ressort des avocats et des magistrats liégeois.

Le premier problème de procédure s’est déjà invité au commissariat et au palais de justice. En vertu de la loi, les deux hommes avaient le droit d’être assistés d’un avocat durant leur interrogatoire. La loi Salduz est en effet très claire et d’ailleurs des rôles de garde sont de mise un peu partout dans les parquets du pays pour permettre d’envoyer un avocat en urgence pour assister un suspect qui n’aurait pas d’avocat attitré.

C’était le cas Ici, mais personne n’a voulu assister les deux hommes privés de liberté.

En effet, dans le petit monde des avocats liégeois tout le monde connaît le compagnon de Mbaye Wade, le pénaliste Pascal Rodeyns. Appel fut donc fait à des avocats en provenance de Charleroi et de Dinant.

Mais si les avocats connaissent Me Rodeyns, il en est de même pour les magistrats de la Cité ardente. On se demande dès lors s’il est bien normal que le dossier reste à Liège et soit aux mains de personnes qui connaissent parfaitement (et pour la plupart apprécient) une des parties civiles.

À notre sens, poser la question est sans doute y répondre. Nul doute cependant que les défenseurs des deux inculpés seront très attentifs et, le cas échéant, n’hésiteront pas à demander le dessaisissement de la justice liégeois dans ce dossier plus que sensible.