La cour d'assises de Liège a entamé lundi le procès de Mokhtar Ammari, un Liégeois âgé de 57 ans accusé d'avoir commis l'assassinat de son épouse, Fatima Khayer (48 ans). Après la lecture de l'acte d'accusation, les avocats de l'accusé ont présenté leur ligne de défense. Ils contesteront la préméditation des faits reprochés à leur client. Le procès de Mokhtar Ammari a débuté par la lecture de l'acte d'accusation du substitut Christine Pevée. Le ministère public a présenté dans cette pièce de la procédure le résumé de l'enquête réalisée.

Mokhtar Ammari avait tué son épouse de 23 coups de couteau le 10 février 2019 dans un appartement de Fléron. Il avait ensuite tenté de se suicider en ingérant des produits toxiques. Le corps de la victime avait été découvert par un membre de sa famille.

L'autopsie de Fatima Khayer avait démontré qu'elle présentait des lésions contondantes, dont certaines ayant occasionné les fractures de trois côtes, et des lésions par instrument piquant et tranchant. Fatima Khayer aurait été tuée en fin de matinée.

Les ambulanciers intervenus sur la scène de crime avaient signalé une précédente intervention le même jour à cet endroit, quatre heures plus tôt. Ils avaient embarqué Mokhtar Ammari qui avait fait une tentative de suicide en ingérant de l'ammoniaque et de l'essence.

Mokhtar Ammari et Fatima Khayer s'étaient mariés au Maroc. Installé en Belgique, où Mokhtar Ammari résidait depuis plus de 40 ans, le couple connaissait des disputes fréquentes et ne partageait pas la même approche de la religion. Mokhtar Ammari avait précisé que son épouse était devenue plus religieuse, ce que lui n'était pas. Mokhtar Ammari et Fatima Khayer avaient officiellement divorcé en 2012 pour des raisons administratives et financières, mais ils poursuivaient la vie commune.

Fatima Khayer avait manifesté la volonté de se séparer de Mokhtar Ammari mais elle craignait ses réactions. Jaloux et soupçonneux, l'accusé avait déclaré à plusieurs reprises qu'il allait tuer son épouse. Il la prétendait vénale et estimait qu'elle l'avait isolé de sa famille et de ses amis. Mokhtar Ammari s'estimait rabaissé et abandonné par son épouse. Il était renfermé et estimait manquer d'amour.

Les avocats de la défense, Me Philippe Zevenne et Me Alexandre Wilmotte, ont présenté un court acte de défense. Ils ont indiqué que la version de leur client n'est pas celle présentée par le ministère public. "Notre client n'arrive pas à exprimer ce qu'il a vécu. Il est présenté comme un gros nounours par plusieurs témoins. Le dossier devra être éclairé par les témoignages sur les personnalités de la victime et de l'accusé", a indiqué Me Zevenne.

Les avocats contestent la préméditation des faits. "Cette préméditation est totalement contestée. Les auditions des différents experts seront importantes pour savoir dans quelle configuration psychologique se trouvait notre client au moment des faits. Il y a eu une gradation au niveau des difficultés traversées par le couple. La scène des faits a fait l'objet d'une violence verbale et a dégénéré", a analysé Me Wilmotte.