Le 3 mars dernier, 70 patients atteints de mucoviscidose manifestaient devant la Citadelle afin de pouvoir continuer à être suivi par le corps médical du MontLégia plutôt que de devoir se familiariser avec celui du CHR. Histoire, notamment, de complicité née et créée entre les soignants et ces malades.

"On n’arrive pas à débloquer la situation", témoigne Dominique Maréchal, maman d’une fille atteinte de mucoviscidose. "Des demandes afin que les deux hôpitaux se mettent à table en vue de trouver une solution ont été émises mais on a obtenu porte close."

Avec l’échéance du 1er avril se rapprochant et l’obligation d’accepter la Citadelle ou de s’orienter vers Louvain ou Bruxelles, la tension monte. "J’ai pris contact avec Louvain et le premier rendez-vous que l’on m’a accordé est le 26 mai. Mais que faire en attendant afin de poursuivre les soins ? Personne n’a la capacité de nous absorber. Au Mont-Légia, on compte 3 pneumologues pour 70 patients ; à la Citadelle 2 pour 90 !"

C’est afin d’espérer une solution agréant les malades (conserver la situation actuelle) que le Groupe Santé CHC a saisi la justice. Demande à laquelle se sont associées les familles.

Ce mardi, dès 14 heures, deux avocats ont donc plaidé la cause des familles devant le tribunal du Travail de Liège après une manifestation pacifique de ces dernières devant le Palais de Justice.

"Continuer sur le long terme avec notre équipe médicale est notre vœu le plus cher", enchaîne Dominique Maréchal. "Vu la proximité de l’échéance, on espère au moins voir, de manière provisoire, les médecins du CHC pouvoir continuer à nous prescrire les médicaments."

Du côté du MontLégia, on appuie la demande des malades et de leurs proches. "Le Groupe santé CHC soutiendra jusqu’au bout le juste combat des patients et de leurs familles qui dépasse la seule cause de la mucoviscidose."

Le CHC évoque deux raisons à cet appui. "Cette lutte marque le manque d’implication des patients dans les processus décisionnels qui les concernent pourtant directement et les dysfonctionnements d’un système qui, plutôt que d’encourager une saine collaboration pour le bien des patients, exacerbe la concurrence entre acteurs de soins."

La nouvelle donne avait été validée par l’INAMI. "L’organisme déplore le désaccord entre les hôpitaux", signale Dominique Maréchal. "Mais il semble qu’il ne serait pas contre le fait de poursuivre dans l’état actuel si les hôpitaux s’entendent…"