On sent doucement la fin de la saga politique qui a secoué Verviers tout l’été. Le 21 septembre, le conseil communal sera appelé à voter la motion de méfiance mixte suivi du nouveau pacte de majorité qui installera Jean-François Istasse (7e score) comme bourgmestre. Pour rappel cette motion comprend une motion collective à l’égard de l’ensemble du collège et trois motions individuelles à l’égard de Muriel Targnion (pour la destituer), et de Hasan Aydin et Sophie Lambert, tout en permettant à ces derniers de conserver leurs postes de président de CPAS, et d’échevine, sans démission préalable.

Mais l’actuelle bourgmestre - qui n’a plus rien à perdre - ne l’entend pas de cette oreille. Elle envisage en effet de saisir le Conseil d’Etat "afin qu’il tranche sur la légalité de cette motion", explique-t-elle. "Depuis le début, un doute juridique existe. Plusieurs juristes donnent des avis divergents. Certains disent que lorsqu’il n’y a rien de prévu c’est légal, d’autres que c’est une manière de contourner le code de la démocratie". Depuis le scrutin de 2006, le décret précise en effet que sera désigné de plein droit bourgmestre le candidat qui a obtenu le plus de voix de préférence sur la liste qui a obtenu le plus de voix parmi les groupes politiques de la majorité. Et celle ou celui qui refuse le mandat ne pourra pas siéger au sein du collège s’il occupait la première, la deuxième ou la troisième place sur la liste.

Muriel Targnion a déjà pris contact avec un avocat spécialisé afin d’analyser la légalité de la motion, et de constituer un dossier à présenter si le doute est suffisant. "Si le Conseil d’État valide cette motion, cela signifiera que le décret ne tient plus la route et que n’importe qui pourra sortir des motions de méfiance pour faire ce qu’il veut". Et de préciser : "Je ne le fais pas pour moi mais pour le respect de la démocratie à Verviers. L’esprit de la loi est complètement détourné. Je ne souhaite de toute façon plus être bourgmestre, je ne veux plus travailler avec ces magouilleurs du PS. Je me prépare à une autre vie et je me réjouis de pouvoir passer plus de temps avec ma fille qui ne m’a pas beaucoup vue pendant cinq ans".

Le 21 septembre ? "Je ne le redoute pas, je m’en réjouis!". Une fois dans l’opposition, elle siégera comme indépendante au sein du conseil communal.