La cour d’assises de Liège a entendu mercredi différents témoins qui ont évoqué la personnalité de Vincent Simonon, un Verviétois âgé de 36 ans, accusé d’avoir commis le meurtre pour faciliter le vol de Christiane Darimont (61 ans).

La dame, amie et voisine de l’accusé, avait été tuée de plusieurs coups de massette entre le 29 juillet et le 2 août 2017. Son corps, emballé dans une bâche, avait été découvert le 18 août 2017 dans le garage de sa maison.

Des membres d’un club de marche de Petit-Rechain ont exposé que Vincent Simonon en était devenu le secrétaire, puis le président en 2016. C’est en 2017 que les membres de ce club ont constaté qu’ils avaient été abusés par l’accusé. Il avait rédigé de fausses factures pour détourner l’argent du club à son profit. "Nous le considérons comme un vil séducteur. Il séduit les gens pour mieux s’approcher d’eux et abuser de leur confiance", ont exposé les membres du comité.

Vincent Simonon n’a pas contesté les faits auprès des membres du comité mais n’a pas voulu leur donner d’explications. Il a finalement été destitué de ses fonctions de président par le club le 17 juin 2017. Vincent Simonon n’a jamais été poursuivi pour ces faits.

Les témoins de moralité de l’accusé ont également décrit un homme qui avait du sang -froid, qui n’était jamais énervé et qui n’était pas directif. Il avait le sens de la parole et aimait s’exprimer en public. Il n’avait jamais montré de signes de violence. Il a encore été décrit comme renfermé, timide, peu loquace et solitaire. Il pouvait aussi se montrer séducteur, charmeur, manipulateur et affabulateur.

Le psychiatre et le psychologue qui ont expertisé Vincent Simonon ont confirmé avoir relevé chez lui une dimension antisociale. Les experts ont également mis en évidence le narcissisme et l’égocentrisme.

Vincent Simonon a décidé de devenir écrivain durant les dix années qui ont précédé les faits. Mais il n’a jamais rien publié. Il émargeait au chômage avant d’en être exclu. C’est à partir de cette période qu’il aurait commencé à vivre sur un héritage de 10 000 euros laissé par son grand-père.

"Derrière sa dimension antisociale, il existe un certain narcissisme et un égocentrisme", ont relevé les experts.

Elle l’hébergeait et le nourrissait

Les témoins de moralité ont également évoqué la personnalité de la victime. Christiane Darimont, âgée de 61 ans, était la mère de deux enfants mais, en raison de disputes familiales, ne fréquentait plus les membres de sa famille. Ses deux fils ne lui rendaient plus de visites. "Mais elle aimait ses enfants et elle avait bon cœur", a précisé un de ses fils.

Elle ne se laissait pas marcher sur les pieds, mais elle entretenait de bons rapports avec son voisinage. Généreuse et attentionnée, elle avait pris soin de Vincent Simonon au décès de sa mère. Elle l’hébergeait, le nourrissait et l’aidait financièrement.