"Rendre ce rapport public est contraire aux intérêts de la société de droit privé qu'est Liège Airport en raison notamment du secret de l'instruction. Le parquet a reçu la version complète du rapport. Il va enquêter sur les faits constatés et si ceux-ci sont rendus publics, cela pourrait compromettre l'enquête", a expliqué le ministre.

Il convient également de ne pas compromettre la procédure en cas de litige entre la société et l'ancien directeur général et de respecter la vie privée et le secret des affaires. En outre, "la mission n'est pas terminée. Elle se poursuit avec notamment l'analyse des paiements 2020", a-t-il ajouté.

"Pour toutes ces raisons, la société estime qu'il ne se justifie pas de communiquer aux membres du parlement wallon les rapports tels qu'établis actuellement, même anonymisés", a résumé Jean-Luc Crucke, au grand dam du PTB qui réclame depuis plusieurs semaines la publication de ce rapport.

"Pour la transparence c'est 'circulez, il n'y a rien à voir'", a ainsi regretté le chef de groupe de l'extrême gauche au parlement régional, Germain Mugemangango.

Pour le reste, interrogés sur d'éventuelles 'mains invisibles', tant le ministre Crucke que son collègue Christophe Collignon ont affirmé ne pas avoir connaissance de l'implication d'autres acteurs. "A ce stade, aucune autre personne n'a été écartée de la société. L'enquête n'est pas terminée et il est certainement trop tôt pour incriminer d'autres personnes que Luc Partoune", a souligné à ce sujet Jean-Luc Crucke.

"Le conseil d'administration a demandé des compléments d'information et le parquet est saisi du dossier. Il ne peut être exclu que d'autres éléments fassent surface, mais je ne veux pas présumer de conclusions que je n'ai pas, ni de rapports que je n'ai forcément pas non plus", a-t-il encore indiqué en appelant à "agir avec ordre et méthode en vue de poser une action juste et dans le respect du cadre qui s'impose à nous".

En charge des Pouvoirs locaux et exerçant à ce titre la tutelle sur Nethys, Christophe Collignon, lui, est revenu sur les différentes opérations de cession, et notamment sur celle concernant Voo et Brutélé. "Pour l'heure, l'autorité de tutelle ne dispose pas encore des pièces utiles pour instruire l'acquisition, par Enodia, des participations de Brutélé dans le capital de Voo. Ce n'est que lorsque les conséquences de ces décisions seront formalisées par la fusion des parts de Voo et Brutélé que je serai amené à me prononcer dans le cadre de l'exercice de la tutelle", a-t-il déclaré.

"Les signaux qui entourent le processus de vente depuis la reprise des négociations sont, jusqu'à présent, au vert. C'est dû, en partie, au travail de qualité fourni par le nouveau management et à un sens des responsabilités retrouvé au sein du conseil d'administration", a assuré le ministre.

Plus généralement, ces opérations de cession "sont une opportunité inouïe pour le futur", a-t-il estimé en plaidant pour que l'on passe "à la définition d'un projet d'avenir".

"Il faut, dès aujourd'hui, associer tous les acteurs et impliquer les communes actionnaires, grandes et petites, à la réflexion, dès l'amont du processus, pour définir un nouveau modèle", partant "d'une vraie démarche de co-construction qui permettra aux associés publics de se réapproprier l'outil en lui assignant les objectifs d'intérêt public à poursuivre, avec à l'esprit les considérations majeures que sont la création et le développement de l'emploi; le maintien en Wallonie d'un centre de décision économique à capitaux publics forts et l'investissement dans des priorités d'intérêt public", a conclu Christophe Collignon.