Un total de 275 logements, répartis en deux lotissements… précisément 125 (55 appartements et 70 maisons) le long de la rue Neufcour et 150 (40 appartements et 110 maisons) le long de la rue Sainte-Anne ; c’est le projet titanesque que le promoteur immobilier Scheen, via les sociétés Planète Verte et Ingeo, a présenté voici quelques jours à la population de Beyne-Heusay… soit près de 300 logements répartis sur la vaste campagne du Ry Ponet, cette étendue de plusieurs centaines d’hectares que l’arrondissement de Liège entend "sacraliser". Pas de dépôt de permis à ce stade et, dès lors, pas de moratoire brisé selon les promoteurs immobiliers (qui s’étaient engagés à attendre la fin de l’étude sur la concrétisation du parc Ry Ponet)… mais une enquête publique malgré tout, histoire de prendre le pouls doit-on comprendre.

Et si celle-ci s’achève dans un peu plus d’une semaine, la levée de boucliers ne s’est pas fait attendre. Après la commune de Beyne-Heusay qui n’a pas caché son étonnement quant à cette enquête sur des terrains intégrés au Ry Ponet, c’est la plateforme citoyenne éponyme qui dit clairement "non" à ces deux lotissements et, en l’occurrence, "à l’artificialisation des sols, à la disparition des terres cultivées, à la privatisation des paysages et au trafic supplémentaires" ; trafic estimé à 500 voitures indiquent les citoyens.

Pour la plateforme Ry Ponet en effet, outre le mauvais choix de la localisation des lotissements, qui participerait à la destruction "d’une dizaine d’hectares de terres agricoles et d’espaces verts", la mobilité pose donc aussi question. Ces 500 voitures supplémentaires passeraient inévitablement par de petites voiries pour rejoindre une Nationale 3 déjà engorgées. La "quiétude" et le "bien-être" des lieux en souffriraient…

Imperméabilisation des sols

Autre argument "d’actualité", l’imperméabilisation des sols qui, "sur de si grandes surfaces risquerait de provoquer de graves problèmes d’écoulement des eaux vers le bas de Chênée", indique la plateforme, rappelant que la zone fut déjà fortement touchée par les inondations de juillet 2021.

Enfin, c’est l’impact des lotissements sur les qualités paysagères du site ainsi que sur sa biodiversité (artificialisation des terres, pollution due au carburant, pollutions sonore et lumineuse) qui est cité comme argument contre les lotissements.

L’enquête publique s’achève le 31 mars.