Liège Le Premier échevin Albert Gérard est poussé vers la sortie par le PS local.

À l’instar de Frankenstein, on peut dire qu’Albert Gérard a échappé à ceux qui l’ont attiré en politique… Cet "homme entier et passionné" a un parcours atypique. Entrepreneur actif dans le carrelage, il est l’actuel Premier échevin de la Ville de Waremme.

Depuis ce week-end, le mandataire local est dans la tourmente. En cause : une série d’infractions urbanistiques qui seraient à la base d’une volonté d’éviction de ce dernier. Lequel, contacté par nos soins après une sortie choc où il évoquait "une chasse à l’homme", réfute les accusations formulées à son encontre.

Ces dernières le sont par des membres de son propre camp. Soit le groupe PS-IC qui dispose de la majorité absolue au sein du conseil communal. À la base de cette affaire : la délivrance d’un permis de bâtir, sollicité par Albert Gérard, concernant trois étangs situés à Lantremange. Il y aurait effectué des travaux sans avoir obtenu les autorisations.

"Le collège a refusé de délivrer le permis et, vu les infractions commises par son Premier échevin, il a décidé d’appliquer la procédure infractionnelle prévue par la législation", est-il écrit dans un communiqué diffusé ce dimanche. Ce dernier émanait de l’USC de Waremme et du groupe PS-IC, réunis la veille en urgence afin de statuer sur le "cas Gérard".

Lequel estime que l’on ne cesse de le mettre en difficulté, et ce, depuis le début de son mandat. Il faut dire qu’il a connu une ascension rapide, fort d’un capital voix important. Dès sa première élection en 2012 où il a totalisé près de 600 voix (un score qu’il a plus que doublé en 2018), il est devenu échevin. En charge notamment des Sports, sa gestion du centre sportif est fortement critiquée.

De quoi le faire démissionner de la présidence. En outre, le bourgmestre Jacques Chabot rappelle qu’Albert Gérard a été rappelé à l’ordre. Et ce dès 2013 où "il a été mis en garde après trois manquements aux règles de déontologie". Lesquels avaient trait à l’achat d’un bâtiment communal ainsi qu’à des faits de tenderie.

Une nouvelle réunion de l’USC est prévue le 26 septembre et on se dirige vers le dépôt dans la foulée d’un nouveau pacte de majorité. De son côté, le principal intéressé affirme qu’il entend siéger comme indépendant. Dont acte.

Bruno Boutsen