Liège La commission de surveillance pénitentiaire dénonce une surpopulation extrême

Ce n’est plus un secret, la prison de Lantin-s’est déjà mieux "portée". Non pas car ses locaux sont vétustes voire insalubres - bien que cet aspect soit régulièrement pointé du doigt - mais car la surpopulation carcérale y atteint des records… inhumains.

C’est du moins l’avis de ce nouveau rapport accablant qui vient d’être dressé par la commission de surveillance pénitentiaire de Lantin. Ce courrier, qui met directement en cause le fonctionnement de la justice, sera envoyé au ministre compétent.

"Un nouveau pic est atteint à Lantin", explique Luc Daele, président de la commission de surveillance de Lantin, "on constate en effet 142 % d’occupation pour l’ensemble de l’établissement et même 172 % à la Maison d’arrêt". Comme le rappelle le président pourtant, le 9 octobre dernier, "le tribunal de 1ère instance de Liège retenait déjà la responsabilité de l’État belge quant à la surpopulation carcérale à Lantin et condamnait ce dernier à adopter des mesures appropriées"… le taux d’occupation était à l’époque de 136 %.

Conséquences dénoncées : tensions, violences, encombrement des visites, absentéisme des agents pénitentiaires ou encore difficulté du suivi médical des détenus.

La commission souhaite donc à nouveau tirer la sonnette d’alarme, d’autant que la situation pourrait s’aggraver. "En effet, plusieurs autres établissements pénitentiaires évacuent leur surpopulation, suite à des condamnations (Saint-Gilles, Forest) ou à des arrêtés communaux (tout récemment à Mons). Et c’est, notamment, Lantin qui ramasse et risque encore de ramasser", poursuit Luc Daele.

La solution viendrait-elle de cette nouvelle prison envisagée à Glons ? Fausse bonne idée estime le président : "Il faut des réponses adéquates et nous sommes persuadés que la solution ne consiste pas à construire encore de nouvelles prisons". Pour la commission de surveillance, "il y a aujourd’hui un recours excessif à la détention préventive". Comprenons que beaucoup de personnes se retrouveraient à Lantin, "pour des délits mineurs". Dans le viseur : "ces juges d’instruction qui font preuve de peu d’imagination".

Le pavé est jeté dans la marre.

Luc Daele Président de la commission de surveillance de Lantin

"On ne veut pas plus de prisons"

"Qu’on se comprenne bien, nous ne demandons pas plus de prisons car ce n’est pas une solution. C’est un leurre de croire que le recours à la détention va faire diminuer la criminalité. La prison est au contraire une école du crime ou en tout cas de la délinquance. Beaucoup de détenus sortent de prison avec la rage, il n’en ressort rien de positif".