La cour d'appel de Liège a condamné Robert Spatz, chef spirituel de la secte bouddhiste Ogyen Kunzang Choling (OKC), à une peine de 5 ans de prison avec sursis pour le surplus de la détention préventive et à une amende de 5.500 euros. Les personnes qui étaient considérées comme ses "lieutenants" et la secte constituée en Asbl ont été acquittées. La communauté bouddhiste Ogyen Kunzang Choling (OKC, dénommée en français Le Domaine de la Claire Lumière) et plusieurs de ses dirigeants, en premier lieu son chef spirituel Robert Spatz (76 ans), étaient poursuivis pour de nombreuses préventions allant du faux, de l'extorsion, du blanchiment d'argent et de l'exploitation de travailleurs à la prise en otage d'enfants et aux abus sexuels de ces enfants.

Le dossier évoquait des faits très anciens dont les premiers avaient été dénoncés en 1997. Ces faits s'étaient notamment déroulés au sein de la communauté qui s'était installée dès 1974 au Château des Soleils à Castellane (France), un ancien château abandonné et racheté par le père de Robert Spatz.

Robert Spatz, un bruxellois d'origine, guide incontesté de la secte, se livrait à l'exploitation systématique des adeptes de sa communauté et s'accaparait leurs gains avec rapacité. Il avait aussi commis des faits de prise d'otage et des abus sexuels sur les enfants de ses adeptes.

La cour d'appel de Bruxelles avait déjà examiné le dossier et avait prononcé un arrêt déclarant l'irrecevabilité des poursuites à l'encontre d'anciens dirigeants de l'OKC après avoir énuméré une série d'irrégularités. Cet arrêt avait été cassé et l'affaire avait été renvoyée devant la cour d'appel de Liège, où de longs débats avaient encore été organisés.

Après plusieurs mois d'examen du dossier, la cour d'appel de Liège a rendu un arrêt comportant 258 pages. Deux "lieutenants" de Robert Spatz ont été acquittés, de même que l'Asbl représentant la secte. Robert Spatz a été condamné à une peine de 5 ans de prison avec sursis pour le surplus de la détention préventive et à une amende de 5.500 euros. Toutes les confiscations ordonnées par de précédentes décisions de justice ont été annulées.

Dans son arrêt, la cour a tenu compte du dépassement du délai raisonnable, les faits ayant été jugés 23 ans après leur dévoilement. Mais elle a aussi tenu compte de la gravité des faits qui touchent à la fois à la santé mentale et physique d'enfants, à l'exploitation de travailleurs et à la foi publique.