Jeune Liégeoise victime de viol, Orlane Graindorge a décidé, en février dernier, de lancer l'ASBL "Don't cry, Talk". Mais en voulant venir en aide aux victimes d'agressions sexuelles, la jeune Liégeoise a mis sa vie en danger, raconte 7sur7. En effet, Orlane a été violemment agressée à son domicile, par quatre personnes qui ne veulent pas que son association voit le jour.

Quelques instants après le départ au travail de son compagnon le mardi 9 mars, la jeune femme s'est retrouvée nez à nez avec quatre hommes cagoulés et habillés de noir. Les inconnus ont profité du fait que la porte n'était pas fermée à clé, et s'en sont donc pris à Orlane directement. "On aurait dit des militaires", a raconté la Liégeoise, traumatisée, à nos confrères, "Ils m’ont attrapée, jetée par terre et l’un d’entre eux m’a maintenue au sol". Deux des individus sont alors allés chercher un couteau dans la cuisine, un à pain car "ça fera plus mal" a même entendu la jeune femme. Les agresseurs ont d'abord menacé de s'en prendre au chat du couple: " 'C’est lui ou c’est toi!'. J’ai crié de laisser mon chat, que je préférais qu’ils s’en prennent à moi", a expliqué Orlane, qui a donc vécu l'enfer l'instant d'après.

L'homme qui la maintenait au sol a commencé à lui entailler la peau, aux épaules, aux bras et aux jambes, puis au niveau du ventre. Des entailles profondes qui marqueront le corps de la jeune femme pendant très longtemps. "Il répétait qu’il allait me laisser des traces pour que je me souvienne", a encore détaillé la Liégeoise. Pendant quinze minutes, elle a cru qu'elle ne survivrait pas: "J’ai gardé les yeux fermés tout le temps, j’avais terriblement peur. J’ai vraiment cru qu’ils allaient me tuer". En s'en prenant à elle, les agresseurs d'Orlane lui ont clairement affirmé les raisons de leur présence chez elle: l'association qu'elle a lancée en février. "L'un m’a dit que je faisais trop de bruit avec mon ASBL et qu’elle n’avait pas intérêt à voir le jour".

Après le départ des quatre inconnus, qu'Orlane n'a pas pu identifier, elle a appelé la police et a été emmenée à l'hôpital, après avoir perdu beaucoup de sang. Aussi touchée physiquement que psychologiquement, la jeune femme a décidé de se retirer de son ASBL "Don't cry, Talk". "Pour ma sécurité et celle de mes proches, je préfère prendre les menaces de mes agresseurs au sérieux et ne plus faire partie du jeu. Nous vivons dans un monde qui vit très mal. Je pensais faire quelque chose de bien, mais pas au prix de ma vie...”, a-t-elle confié, refusant tout de même de se laisser abattre.