Dans notre édition du 5 novembre dernier nous avons fait état de la situation sanitaire au palais de justice de Liège. Une situation qui inquiète quelque peu les autorités judiciaires liégeoises. Pourtant, comme l’explique le président du tribunal de première instance de Liège, Pierre Defourny, de nombreuses mesures ont été prises.

Ainsi, après la 1re vague de la pandémie, lorsqu’une activité normale a été reprise et que le personnel a repris le travail en présentiel, une concertation a été menée et toutes les mesures sanitaires préconisées ont été mises en œuvre et vérifiées : "La distanciation sociale est respectée dans l’ensemble des bureaux, des masques chirurgicaux et en tissu, du gel hydroalcoolique et des visières de protection ont été mis à disposition de l’ensemble du personnel et les stocks ont été encore récemment renouvelés", explique le magistrat. "Des écrans de protection en plexi ont été placés à chaque endroit où le personnel était en contact avec le public et, plus récemment, entre les bureaux du personnel."

Les espaces publics ont été aménagés avec des sens de circulation et du gel hydroalcoolique est à disposition à l’entrée de l’annexe nord. Le port du masque y est obligatoire et les services de police veillent au respect des mesures prises.

Comme partout, des magistrats, des greffiers et des membres du personnel ont effectivement été contaminés. Les cas suspects ou positifs sont immédiatement écartés et placés en quarantaine. "Ils ont été testés lorsque les tests étaient encore accessibles aux personnes asymptomatiques. À chaque mise en quarantaine, le bureau de la personne concernée est complètement désinfecté. Une procédure de tracing a été mise en place."

"Depuis quelques semaines, nous avons également recommandé puis imposé le port du masque dans les espaces non accessibles au public, lorsqu’un membre du personnel quitte son bureau pour s’entretenir ou pour effectuer une tâche avec une autre personne. Les repas ne sont plus pris en commun. Ces mesures sont très globalement respectées et elles sont régulièrement rappelées. Enfin, avant même que ce soit à nouveau conseillé puis rendu obligatoire par le comité de concertation, le télétravail a été recommandé pour les magistrats et pratiqué par les greffiers, lorsque leur présence n’est pas requise par le service des audiences."

Sur deux mois et à des moments différents, neuf magistrats du tribunal fréquentant l’annexe nord ont été déclarés positifs et huit autres ont été placés en quarantaine sans symptôme. Ils ont, à ce jour, tous repris le travail à une exception près. "La situation est assez similaire pour les greffiers. L’immense majorité de ces personnes disent avoir contracté le virus dans le milieu familial. Aucun cluster n’a formellement été identifié dans les greffes, ce qui prouve l’efficacité des mesures prises, même s’il est vrai qu’il est très difficile d’identifier l’origine d’une contamination. Nous en appelons régulièrement à la responsabilité de chacun et ma porte est toujours ouverte si certains ne respectent pas les consignes sanitaires. Personne n’est venu se plaindre à ce jour."