Une étude récente montre que plus d’un entrepreneur sur deux ne s’est pas arrêté.

La crise sanitaire et le confinement qui y est lié ont des impacts parfois inattendus. On peut ainsi évoquer le secteur du bâtiment. Alors que la période traditionnelle des congés, laquelle s’étend à cheval sur juillet et août, touche à sa fin, les professionnels n’en ont pas forcément profité.

En effet, selon une étude récente réalisée par la plate-forme TrustUp.be, ils n’ont pas manqué de travail ces dernières semaines. Pour plus d’un entrepreneur sur deux, il s’est agi de rattraper le retard accumulé durant le confinement.

L’enquête menée par TrustUp.be l’a été auprès des différents corps de métier qu’elle recense. Comme rappelé par son fondateur Sébastien Remacle, cette plate-forme qui a été lancée en 2017 et incubée au sein du VentureLab de HEC Liège vise à mettre en relation des particuliers et des professionnels jugés fiables.

"Nous totalisons 3 000 inscrits parmi lesquels un noyau dur de 600 dont 40 % sont des Liégeois". Sur 70 entrepreneurs interrogés, étant question de PME et non de grosses sociétés, 53 % ont confié avoir continué à travailler durant les congés du bâtiment. Ou avoir drastiquement réduit les jours de vacances qu’ils se sont accordés.

Un bon semestre, mais…

La principale raison a donc trait au retard accumulé. "Seul un quart des professionnels ont poursuivi leur activité durant le confinement". Des soucis d’accès aux chantiers et de fourniture des matériaux étant épinglés. Et Sébastien Remacle de souligner : "Durant cet été, ils tentent de rattraper le retard".

C’est ainsi que les plannings sont remplis, la plupart étant complets pour les prochains mois. Ce qui est notamment le cas de la société KS Décor basée à Crisnée et active dans la peinture en bâtiment. Sa gérante Sandrine Kelecom n’a en effet pu prendre que quelques jours de congé en alternance avec son compagnon.

Le second semestre de 2020 se profile donc bien, au contraire de l’année 2021 qui est appréhendée. Un tiers des sondés exprime des craintes pour la santé de leur activité. "Les secteurs de confort comme la décoration ou l’aménagement extérieur sont ceux qui expriment le plus de craintes sur le long terme", précise Sébastien Remacle. Et de relever que les ménages risquent de devoir freiner à l’avenir des dépenses jugées non essentielles.

Bruno Boutsen