Inauguration ce 12 juillet du Perron rénové… 541 ans après son retour à Liège

"Le symbole de nos libertés", de "la transmission du patrimoine aux jeunes générations". "Notre âme et le représentant de notre histoire collective", "l’histoire d’une entreprise humaine".

Les mots et les superlatifs n’étaient pas assez intenses pour exprimer la fierté des autorités et des Liégeois présents ce vendredi 12 juillet 2019, place du Marché, face au Perron rénové.

Dix années après son classement comme monument exceptionnel en effet, permettant d’envisager une restauration globale, le Perron, cette icône des Libertés liégeoises (qui remonte au XIIIe siècle), vient d’être intégralement restauré. Ce qui valait bien un petit chant des Valeureux Liégeois, en présence des étudiants, des autorités et de membres de l’Agence wallonne du Patrimoine (Awap).

Sans excès de chauvinisme, le moment était majeur, pour Liège du moins… "À l’époque, chacune des 23 bonnes villes de la Principauté disposait d’un Perron", rappelait ce vendredi Willy Demeyer, bourgmestre de la ville. Impossible de ne pas évoquer ce dur souvenir, lorsque Charles le Téméraire, suite au sac de Liège, enleva de son socle le Perron pour le transporter à Bruges où il fut exposé dix ans… Hasard de calendrier, c’est un 10 juillet, en 1478, que le Perron fut replacé, il y a tout juste 541 ans !

Près de 250.000 euros furent cette fois nécessaire pour restaurer l’ouvrage, ce qui s’est traduit par une restauration des pierres mais aussi de la fontaine (lire ci-contre), et par un remplacement de la colonne. En effet, tant la colonne, en marbre de Carrare, que la sculpture des Trois Grâces qui la surplombe, présentaient des signes de vétusté. Contrairement aux Trois Grâces toutefois, la colonne n’avait pas été remplacée. Ce fut le cas cette fois, en marbre de Carrare également. L’ancienne a rejoint les Trois Grâces au musée Curtius.

Notons que si le Perron, dans sa forme actuelle, date du début du XIVe siècle, il connut par la suite diverses rénovations ou modifications, dont celle du sculpteur Jean del Cour, en 1697, qui ajouta les trois Grâces et en fit une fontaine. Le monument comporte une base de plan octogonal, avec des panneaux décoratifs en marbre rouge, entourée de bassins en fonte peinte, fruits d’une restauration du XIXe siècle. Cette base comporte des arcades reposant sur des colonnes en petit granit légèrement renflées. Dominant cet "édicule", la colonne du Perron repose sur trois marches, elles-mêmes portées par quatre lions. Des matériaux comme la fonte ou la pierre de taille ont remplacé au XXe siècle les marbres originels des bassins.