Philippe Boxho, 55 ans, directeur de l’Institut de Médecine légale, est un médecin légiste particulièrement connu. Il est régulièrement invité par les médias pour donner son avis concernant des affaires qui défrayent la chronique.

Depuis 1990 et son diplôme de docteur en médecine, chirurgie et accouchements de l’Université de Liège, il s’est spécialisé en médecine légale et médecine d’expertise. Il a obtenu six diplômes dont certains dans des universités étrangères. Il est en outre président de l’École liégeoise de Criminologie Jean Constant, membre de l’Académie royale de Médecine de Belgique, conseiller au Conseil National de l’Ordre des Médecins et membre du Conseil supérieur des médecins généralistes et médecins spécialistes.

Père de 3 enfants

L’homme, qui est père de trois enfants, est divorcé. Il adore voyager et tout ce qui a trait à la culture. Il adore Paris, Rome et Florence et est fan de cuisine pimentée.

"Je suis venu à la médecine légale un peu par hasard", explique-t-il. Il a décidé de faire un stage en 1987 à l’Institut de Médecine légale de l’Université de Liège. "J’ai rencontré le professeur Armand André, qui le dirigeait. Dans les années 90, le professeur Brahy a succédé au professeur Armand André. En 1991, le professeur Brahy m’a proposé de venir au service de médecine légale".

Philippe Boxho a alors mené deux carrières de front. "Jusqu’en 1993, j’ai fait en même temps de la médecine générale et légale". Philippe Boxho s’est spécialisé. "J’ai fait ma thèse de doctorat de criminologie de 1996 à 2000".

Pendant sa carrière de trente ans, il a eu l’occasion de traiter de nombreuses affaires. "Certains dossiers sont plus marquants que d’autres. Je fonctionne par tiroirs. Je ne veux pas voir la famille avant pour ne pas avoir d’affect. C’est émouvant, mais cela ne m’empêche pas de vivre, cela fait partie de la vie". Il est intervenu dans des dossiers comme ceux de la mort de Stacy et Nathalie ou l’explosion de la rue Léopold. Il a réalisé l’autopsie de l’auteur des attentats de la place Saint-Lambert et de la femme d’ouvrage que ce dernier avait assassinée. Il a autopsié Benjamin Herman, qui a tué un jeune homme et deux policières à Liège. "J’étais en descente près de Marche à la suite de la mort d’un ancien codétenu de Benjamin Herman. Puis nous avons appris ce qu’il s’est passé à Liège. L’instruction judiciaire était éteinte puisque le suspect est décédé".

Lors de sa carrière, il a connu des dossiers qui interpellent. "Toute mort est dramatique. Je me souviens de l’affaire d’un type ivre qui avait avalé une fourchette de friterie. La partie piquante était restée coincée au passage de l’aorte. Le médecin n’a rien vu à la radiographie puisqu’il s’agissait d’une fourchette en plastique. Même l’homme a fini par penser qu’il s’était trompé. En fait, il s’est vidé de son sang et est mort neuf jours plus tard…" Parfois, le médecin légiste est amené à détricoter des histoires incroyables. "J’ai été appelé pour un homme mort avec quatorze impacts de balles. Il s’agissait d’un suicide. Il s’est tiré dessus à quatorze reprises et ne parvenait pas à toucher le cœur. Il a fini par mourir exsangue".

Malgré les cours qu’il donne et une carrière déjà bien remplie, il ne manque toutefois pas de projets… Il souhaite d’ailleurs écrire un livre sur les affaires qu’il a traitées. "En 2022, je vais également réaliser un podcast avec la RTBF sur des affaires criminelles", conclut-il.

Questionnaire décalé

Philippe Boxhe, parlez-nous de votre...

Première cuite ?

J’ai eu ma première cuite alors que j’étais âgé de 18 ans et que je me trouvais en voyage rhéto en Grèce.

Premier bulletin ?

J’ai eu mon premier bulletin en 1re année primaire et j’étais premier de classe. Cela n’a pas duré au-delà des primaires.

Dernier concert ?

Je suis allé voir Jean-Jacques Goldman, au Zénith à Paris. J’étais âgé de 18 ans.

Dernière folie ?

Je me suis offert une fresque de Luis Salazar.

Dernier achat compulsif ?

Cela remonte si loin que je ne le sais plus.

Pire cauchemar ?

Mon pire cauchemar serait de devenir politicien.

L’objet dont vous ne vous séparez jamais ?

Je ne me sépare jamais d’un bic.

Que trouvera-t-on toujours dans votre frigo ?

On trouvera toujours de quoi manger.

Quelle femme (homme) pourrait vous faire craquer ?

Il faut que ce soit un être intelligent, charmant, cultivé et qui a un beau sourire.

Votre passe-temps favori ?

Pour passer le temps, j’adore la lecture.

Le truc le plus fou que vous avez fait ?

Le truc le plus fou que j’ai fait, c’est de déterrer un charnier au Kosovo.

Quel poster ornait votre chambre d’ado ?

Dans ma chambre, j’avais le poster d’un soldat fauché par une balle avec l’expression ‘Why ?’

Le rêve le plus fou ?

Si aller à Sainte-Hélène est un des rêves les plus fous, c’est celui-là.

Quel est votre film culte ?

Mon film culte est Le père Noël est une ordure.