Des maraîchers de la province de Liège sont menacés de disparition à la suite de la décision de l’Afsca fin 2021 d’appliquer les normes européennes concernant les concentrations en métaux lourds (cadmium et plomb) pour les légumes, a alerté le réseau "Aliment-Terre" lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée jeudi à la "Ferme dans l’assiette", à Olne.

"Pour une raison que l’on ignore, il y a eu un abaissement des normes européennes et l’Afsca s’est alors alignée sur celles-ci. Différents producteurs ont subi des contrôles dans la vallée de la Vesdre et de la Meuse et ont constaté avec effroi que leurs légumes dépassaient les normes européennes en cadmium et en plomb. Ils ont alors été contraints de détruire la culture analysée et de faire des analyses sur leurs autres productions", explique Renaud Keutgen, pour "Aliment-Terre", qui tente de soutenir les circuits courts et les producteurs locaux. "Cette situation impacte selon nous une centaine de maraîchers en province de Liège. Ils endurent cela seuls, dans l’isolement. Certains osent par contre en parler".

Selon l’association, l’Afsca n’a pas une vision globale du problème. Elle lui reproche l’application de normes sans tenir compte de spécificités propres à la région. Cette pollution serait en effet due à l’exploitation industrielle faite dans le passé dans les vallées de la Vesdre et de la Meuse. Face à l’incertitude de pouvoir ou non commercialiser ses produits, la "Ferme dans l’assiette", a décidé de se mettre à l’arrêt.

"On a besoin d’une position claire pour lancer la saison", motivent Jérôme Debruxelles et Frédéric Bronne, qui en appellent au soutien du politique. "Nous refusons d’être tenus responsables d’une pollution historique pour laquelle on n’a aucune solution miracle".

Question parlementaire

"J’ai été sollicité par les habitants de la région pour un problème de contamination des sols sur les potagers, j’ai été assez interpellé", raconte de son côté Giles Collinet, professeur en Sciences du sol à l’Université de Gembloux. "Il n’y a pas assez d’éléments pour comprendre pourquoi on abaisse cette norme, d’autant plus que cela ne s’applique pas aux personnes qui cultivent et qui ne commercialisent pas. D’autres régions auront sans doute le même type de problème".

Une question parlementaire d’Anne Kelleter (Ecolo) est prévue mardi prochain sur le sujet.