Lors du dernier CODECO, le gouvernement a annoncé que les classes devront être équipées d’appareils de mesure du CO2… "Très bien", estime la CSC Liège-Verviers-Ostbelgien. "Mais si on n’informe pas les enseignants de leur bonne utilisation et surtout des bons gestes à poser, ces appareils n’ont aucune utilité", note Sophie Reginster, permanente chargée de la sensibilisation à l’environnement à la CSC LVO.

C’est pourquoi le syndicat chrétien liégeois organise, depuis plusieurs années d’ailleurs des formations à la gestion de la qualité de l’air intérieur. "Elles sont menées avec des experts dont une hygiéniste. Et dès 2018, donc bien avant l’arrivée du coronavirus, nous avons lancé, en collaboration avec la CSC-Enseignement, des expériences pilotes dans plusieurs écoles de la province de Liège en mettant à leur disposition ces fameux appareils évaluant le taux de CO2".

Des concentrations élevées en dioxyde de carbone provoquent des maux de tête, de la somnolence… mais aussi une diminution de l’attention et de la concentration. La teneur en CO2 d’un lieu est un bon indicateur de l’intensité de la pollution intérieure (virus, bactéries, moisissures, composés organiques volatiles, etc.).

"C’est là qu’intervient le boîtier," continue Thomas Gérard, conseiller en prévention à la CSC LVO. "Quand le seuil acceptable de CO2 est dépassé, il émet une alerte sonore et/ou lumineuse, ce qui signifie qu’il faut renouveler l’air. Cet outil facilite la mise en place de bonnes pratiques en classe en temps réel. Généralement, on est impressionné par la rapidité avec laquelle le taux de CO2 augmente quand il y a beaucoup de personnes dans un même local. Mais la vitesse avec laquelle il descend dès qu’on crée un bon gros courant d’air est tout aussi impressionnante".

Pour que le boîtier donne une information utile, il faut bien le positionner, c’est-à-dire plus ou moins à hauteur des visages, loin des fenêtres et des courants d’air, loin des radiateurs et des ordinateurs, pas trop près des personnes.

En outre, pour bien renouveler l’air, il faut créer un courant d’air en ouvrant fenêtre et porte. Il faut donc privilégier une aération "fenêtre grande ouverte", cinq bonnes minutes de manière régulière, à une aération continue en oscillo-battant. Ce laps de temps de 5 minutes ne refroidira pas la pièce.

Réceptifs

Il y a donc des trucs et astuces à tirer des expériences menées par la CSC dans les écoles.

"Parmi les actions de terrain qui ont conduit à la réussite, il y a d’abord l’implication des enseignants et éducateurs mais aussi et surtout des élèves. Cela passe par une bonne information de chacun", explique Sophie Reginster. "Certains enseignants ont intégré la thématique dans leurs cours, tant dans les écoles primaires que secondaires. Chez les petits, une astuce qui fonctionne bien est de désigner, chaque semaine, un élève responsable de l’aération de la classe. Dans le secondaire, certains profs ont choisi de travailler avec les délégué.e.s de classe en les formant et les chargeant d’informer les élèves, le message passe mieux."

Et les enseignants ? "Ils ont apprécié la dynamique du projet : l’accompagnement fourni par la CSC les a aidés à veiller à une bonne gestion de la qualité de l’air et ils ont tous perçu l’intérêt d’un air régulièrement renouvelé en classe : des enfants plus concentrés, plus réceptifs, un meilleur environnement de travail et la réduction du risque de transmission du Covid par aérosol."

Pour la CSC, cet outillage montre aussi que si, dans la rénovation des bâtiments, on se focalise sur l’isolation, on oublie de porter une attention à l’aération.