Au début de ce mois, une nouvelle agression homophobe a eu lieu à Sainte-Marguerite à Liège. Des jeunes s’en sont pris à Jo, un artiste qui travaille dans le quartier, le poursuivant avec des propos homophobes violents et menaçants. Jo a décidé de porter plainte et de partager sa mésaventure sur les réseaux sociaux.

Il a alors reçu de très nombreux témoignages d’autres personnes qui avaient également subi ce type d’agression, dans le quartier et ailleurs.

Des visuels

Du coup, la Fondation Ishane Jarfi, le Centre de jeunesse La Baraka, Quatremille et le Comptoir des Ressources Créatives (l’employeur de Jo), ont décidé d’unir leurs forces. Le but ? Mener une première opération de sensibilisation pour le mieux vivre ensemble dans le quartier. Sainte-Marguerite accueille 5 000 étudiants qui croisent quotidiennement des habitants aux préoccupations extrêmement diverses et légitimes, allant de la survie pour certains primo-arrivants au maintien du bien-être pour les ménages installés, en passant par une simple acceptation pour tous.

Cette opération consiste en la distribution de six visuels différents aux couleurs de l’arc-en-ciel. Tous contiennent un message fort : "Cultivons notre différence" et les hashtags #stopharcèlement et #gotolérance.

"Nous allons distribuer des affiches dans les différents commerces du quartier", explique Hassan Jarfi, de la Fondation Ihsane Jarfi. "Les jeunes, les homos, les jeunes femmes… tout le monde peut à un moment subir des violences ou des discriminations. L’homophobie et le racisme sont des fléaux qu’on doit combattre. On doit apprendre à se parler. On est tous différents".

"Quatremille a de suite répondu présent", indique Nader Mansour. "On peut mettre la créativité au service d’une action de terrain et aborder des sujets sérieux et complexes comme le racisme, l’homophobie ou le sexisme. Mais il faut le faire sans stigmatiser un quartier et en gardant la focale sur la liberté de chacun à mener la vie qu’il ou elle souhaite".

Les partenaires souhaitent poursuivre l’action et élargir l’opération : "Il n’y a pas de raison de penser que ça n’arrive qu’à Sainte-Marguerite", reprend Hassan Jarfi.

"C’est peut-être le début d’une nouvelle forme d’action pour la Fondation Ihsane Jarfi", conclut-il.