Situé en plein cœur du zoning industriel des Hauts-Sarts, le restaurant "Les Petites Bulles" propose une cuisine inventive et raffinée semi-gastronomique. "Je travaille toujours avec des produits de saison, de qualité et locaux", explique le chef Jérémy Ceulemans (31 ans), qui nous reçoit dans son ravissant restaurant. "On propose 3 entrées, 3 plats, 3 desserts à la carte". Outre le restaurant, "on a aussi une salle de séminaire et un bar lounge, qui sont actuellement fermés dû au Covid…"

Ouvert depuis novembre 2019, le nouveau restaurant est une affaire de famille : "Le patron est mon beau-père, ma belle-sœur et ma compagne sont en salle, ma belle-mère à la comptabilité et mon beau-frère s’occupe de la communication…". L’établissement commençait à se faire une clientèle régulière quand le 14 mars, "on a été obligé de fermer". En plein confinement, le jeune chef propose toutefois des plats à emporter. Une façon "de garder la tête hors de l’eau", confie-t-il. "Le client aime avoir le restaurant à la maison, c’est amusant, même si pour beaucoup, rien ne remplace l’ambiance du restaurant".

Après trois mois de fermeture forcée, le restaurant a pu rouvrir ses portes le 13 juin. Mais "on sent que les clients n’ont plus le même portefeuille". Par ailleurs, "l’été pour nous, c’est la basse saison vu qu’on est situé dans un zoning, les sociétés sont soit en vacances, soit en télétravail…" De sorte que le restaurant "fait le chiffre d’une semaine… en un mois". Alors que le restaurant faisait au minimum 30 couverts par service, "maintenant, si on en fait 15 on est content". L’aide des autorités ? "Clairement, ça ne suffit pas !". Il espère que la clientèle reviendra dès septembre, "autrement, on devra fermer".

Si le service en salle a repris, du mercredi au samedi, le chef a pris le parti de continuer les plats à emporter, du lundi au samedi, avec un menu "facile à emporter et à réchauffer". "Je propose une entrée, un plat, un dessert". Une solution "qui ne me demande pas plus de travail, seule la manière de présenter change. J’adapte également la cuisson de la viande, et je dresse froid". Une feuille explicative accompagne également chaque plat pour le réchauffer correctement chez soi. À noter que les commandes sont prises via Facebook ou par téléphone. Cette option apporte une clientèle nouvelle : "des familles, des personnes malades qui ne peuvent pas prendre le risque de venir sur place" . Et de conclure : "si la demande est là, je ne vois pas pourquoi on arrêterait".

Une résilience

Jérémy n’est pas le seul à s’être lancé dans les plats à emporter suite à la crise sanitaire. De nombreux restaurateurs de la province ont dû prendre le pli pour ne pas fermer leurs portes. Certains, comme le restaurant "Le Cous Cous", rue Souverain-Pont à Liège, sont carrément passés de restaurant à traiteur, définitivement. À Juprelle, le chef Olivier Massart, du restaurant "O de vie", a créé une épicerie fine avec service traiteur dans son restaurant pour continuer à servir ses clients quand il est fermé.