C’est un coup de massue qui, mardi, s’est abattu sur la tête des travailleurs liégeois de Fedex. En effet, dans la journée, le transporteur américain leur a annoncé son intention de supprimer 671 emplois dans le hub aérien de Liège et ce n’est pas tout puisque 861 autres membres du personnel pourraient subir une modification des horaires impliquant une diminution du nombre d’heures de travail.

Cette hécatombe sociale s’inscrit, selon Fedex dans la finalisation du rachat de TNT, ce qui implique “de remédier à la duplication des emplois, résultant de l’exploitation des deux vastes réseaux européens qui connectent des zones géographiques similaires”. Toujours selon Fedex, l’impact global sur les effectifs sera de 5 500 à 6 300 personnes dans les équipes opérationnelles et dans des fonctions supports”.

Le plan de Fedex prévoit que Liège fonctionnerait dorénavant comme un hub secondaire en Europe centrale, Roissy-Charles De Gaulle constituant le principal.jean-mi

“De tels changements ne sont jamais faciles car ils ont des répercussions sur nos collaborateurs”, explique Karen Reddington, présidente de FedEx Express Europe. “Toutefois, ils sont essentiels pour concrétiser les avantages de l’intégration et renforcer notre compétitivité sur un marché en rapide évolution.”

On s’en doute, cette annonce et le passage au second plan du site liégeois sont évidemment difficiles à encaisser par les travailleurs et leurs représentants. “On ne s’attendait pas à cela”, répond Anne-Marie Dierckx, secrétaire permanente CNE. “On se doutait certes qu’il y aurait une réorganisation interne, mais pas comme cela.”

Pour la permanente syndicale, cette décision de Fedex est, en partie, à mettre en rapport avec l’arrivée d’Alibaba et surtout des terrains que le géant chinois va occuper. “Lorsque Fedex a racheté TNT, elle évoquait la possibilité de s’étendre à Liège. Mais les terrains qu’elle ambitionnait d’acheter ont été vendus à Alibaba et les perspectives de développement ont été mises à néant. Le problème principal est là. Il n’est pas question de mettre en cause le coût de la main-d’œuvre qui n’est pas vraiment différent en France.”

En attendant, Fedex veut aller vite et voudrait même enclencher la Phase 1 de la procédure Renault d’ici la fin du mois. “Nous avons déjà demandé un report”, reprend Anne-Marie Dierckx, “Mais Fedex voudrait que tout soit bouclé d’ici mars de l’année prochaine". En attendant, le personnel a quitté son poste de travail.