Liège

Selon les témoins, le jeune homme évoluait dans la vie comme si il était dans un jeu vidéo.

Les jurés de la cour d’assises de Liège qui juge les bourreaux de Valentin a commencé à entendre les témoins de moralité d’Alexandre Hart. Sa maman a témoigné. Elle a expliqué qu’elle avait fait toute une série de choses pour tenter de venir en aide à son fils. "Je me sens coupable", a expliqué cette maman. La juge lui a rappelé que ce n’était pas elle qui était jugée.

Un surveillant d’un des établissements scolaires fréquentés par Alexandre Hart a été entendu. Il était très étonné d’avoir été convoqué pour la moralité d'Alexandre Hart. "Je suis étonné qu’il me convoque comme témoin parce que j’étais plutôt strict ", a déclaré le témoin. "J’étais strict, mais juste. Je ne sais pas si je lui ai laissé un bon souvenir. Mais quand on arrive avec une haleine d’alcool ou que l’on a consommé des stupéfiants à l’école, c’est normal que je devais sévir. Il était en décrochage scolaire. Il a même été question de l’exclure de l’établissement, mais la sanction a été mise de côté et il a été scolarisé dans un institut spécialisé pour ses troubles comportementaux."

Ce témoin a expliqué que divers intervenants sociaux avaient tenté de venir en aide au jeune homme tant son cas était problématique. "Il avait toujours ce regard et ce petit sourire qui me mettaient mal à l’aise. Il pratiquait l’automutilation. Je sais que lorsque l’on marchait avec lui, on avait l’habitude de ne pas le laisser derrière nous. On le laissait soit devant ou à côté."

Ce surveillant a également eu affaire à Killian Wilmet. Il en garde un très mauvais souvenir. "Il était très agressif et grossier. Plus aucun professeur n’en voulait. C’est le genre d’élève qui vous dégoûte de travailler dans l’enseignement. Il refusait l’autorité, cela nous dépassait. J’aime mon métier, on est là pour encadrer les jeunes et les amener pour un mieux et là on se sentait dépourvu."

Les jurés ont aussi entendu le compagnon de la cousine d’Alexandre Hart. "Je le connais depuis qu’il est bébé. C’était un enfant comme les autres. Il jouait, s’amusait. Il n’avait aucun méchanceté. Dans son adolescence par contre, il a eu quelques soucis. Selon les on-dit, il a eu des soucis avec l’alcool et les substances."

Le jeune homme aurait fortement souffert du décès d’un ami, lors d’un accident de moto. "Il se sentait très très mal. Nous avons proposé qu’il vienne habiter avec nous pendant quelque temps. On voyait bien qu’il pétait les plombs. On l’a pris sous notre aile. Il a logé pendant un mois environ chez nous. Il ne pouvait pas amener de saloperies chez moi et ne pouvait pas sortir. On a vraiment serré la vis pour essayer de le sortir de ce mauvais pas. Cela s’est très bien passé."

Selon ce témoin, Alexandre Hart aurait des regrets. "On sent dans ses paroles un regret. Il n’avait peut-être pas mesuré la gravité de ses actes."

"Hart s'était enthousiasmé d'avoir vu un corps désarticulé"

Les juges ont lu des témoignages qui le décrivent comme introverti, influençable et très gentil. Il séchait les cours et n’était pas régulier à sa formation. Il parlait parfois d’hallucinations. Il fréquentait des jeunes avec qui il pouvait jouer au caïd. Interrogé par son frère concernant le meurtre de Valentin, Alexandre Hart a juré qu’il n’avait rien à voir avec tout cela. "Je suis vraiment très étonnée", avait expliqué ce témoin. "Il n’est pas violent du tout. Lorsqu’il était avec ses amis, il était fort nerveux. Personne ne s’explique les faits inexcusables qui se sont passés."

Une autre intervenante a souligné qu’il parlait de violence et de meurtre. "On se demandait si c’était pour provoquer ou si c’était d’ordre psychologique. J’ai compris qu’il avait des troubles psychologiques. Concernant la blessure qu'il a provoqué avec une tronçonneuse, il a expliqué que son frère avait saigné comme un goret et que c’était magnifique. Il a dit qu’il aimerait avoir la même cicatrice magnifique. Il semblait fasciné par les jeux vidéos. Il était fasciné par la mort. Il était considéré comme quelqu’un de violent, voire dangereux. Notre inquiétude était partagée."

Ce témoin a souligné qu’Alexandre Hart était excité d’avoir assisté à un accident mortel lors du rallye du Condroz. "Il s’était enthousiasmé d’avoir vu un corps désarticulé comme un pantin dans les airs. Il trouvait cela génial."

Les intervenants s’étaient dit qu’il valait mieux le laisser jouer à des jeux électroniques pour éviter un passage à l’acte. Une formatrice a déclaré de ne pas avoir été étonné de la participation de certains des intéressés aux faits. "Je n’ai pas été étonnée de la participation d'Alexandre Hart à ces faits très graves tout comme Wilmet. J’ai été plus étonné avec Dorian. Alexandre Hart est manipulateur, dangereux et intelligent. Il est capable de faire agir violemment les autres à sa place. Je pense que c’est un des seuls dont je n’ai gardé aucun bon souvenir." Un autre témoin a évoqué le fait qu’Alexandre Hart semblait évoluer dans la vie comme dans un jeu vidéo.

Elle a également été au contact de Belinda Donnay et de Dorian Daniels. "Elle était excessivement intelligente", a-t-elle dit concernant Belinda Donnay. "Elle était dans le fond de la classe. Elle avait un regard perçant. Quand elle voyait une fille plus faible, elle avait une faculté de manipuler son monde en deux secondes. Mes collègues sont totalement d’accord avec moi. Son attitude ne me plaisait pas car elle humiliait les gens et ne les respectaient pas. C’est une jeune femme qui est capable de manger les éléments plus faibles dans la classe. Elle donnait de fausses informations pour arriver à ses fins ou pour avoir ce qu’elle voulait d’eux."

Elle a dit de Dorian Daniels, que "ce n’était pas un leader, c’était un suiveur. Il avait un double visage."