Liège

Selon les experts, sa dangerosité est circonstancielle et elle s’est placée dans un effet-miroir

Selon les experts, Belinda Donnay est pénalement responsable de ses actes. "Elle a une personnalité plutôt éteinte", ont estimé les experts. 

"Il s’agit d’une personne vide, vivant dans l’instant. Le groupe forme une enveloppe très problématique, mais elle a un rôle central comme étant la compagne de Hart."

Elle minimiserait au delà de l’évidence. "Elle se place hors-champ alors qu’il semble qu’elle a participé à tout jusqu’à la fin. Elle utilise de la manipulation consciente."

Elle n’aurait aucune empathie pour la victime. "Valentin ne représente rien d’affectif pour elle. C’était comme si elle ne le connaissait pas. Elle présente une expression extérieure et détachée. Confrontée aux déclarations, elle se place dans une position comme si seuls les autres avaient agi."

Elle n’est pas psychopathe puisqu’elle présente un score de 19 sur 40 sur l’échelle de Hare, le score nécessaire pour déclarer la psychopathie en Europe est de 26. "Il y a une forme d’égocentrisme. Elle fait preuve de violence directe ou par procuration. Elle esquive sa responsabilité. Elle a une fidélité certaine à Alexandre Hart."

Elle dit qu’elle a peur de lui, mais elle a plusieurs fois réussi à lui tenir tête. "Sa relation avec Alexandre Hart est faite de mimétisme. Elle explique sa soumission par la peur d’Alexandre Hart. Elle avait en fait une position prédominante aux côtés d’Alexandre Hart. Elle a fait preuve de détachement et d’absence d’empathie. Elle a une tendance manipulatrice."

Elle n’a pas de pathologie la rendant incapable du contrôle de ses actes. « Sa dangerosité est circonstancielle et pas structurelle comme dans le cas d’Alexandre Hart. Elle a des capacités moyennes et est capable de faire autre chose que ce qu’elle a fait."

L’expert a voulu insister sur l’effet "miroir qu’elle a mis en place vis-à-vis d’Alexandre Hart. Quand on a une faiblesse du moi, comme c’est son cas, on se met dans la dépendance, on se place dans un sillage. Il ne s’agit pas d’emprise, mais de mimétisme. On retrouve chez elle un effet en miroir la même incapacité à se soumettre à la loi, un égocentrisme, accompagné de malhonnêteté et de manipulation, dans la mesure où elle a tendance à l’imiter."

Belinda Donnay a un QI de 85. "Il n’y a pas d’élément sadique, mais est participative. Elle aurait tenté de se réhabiliter de son ex-petit ami."

Sur la vidéo des faits, elle est une des plus agressives et dit qu’elle les soutient à 100 %. Alors que sa scolarité primaire s’est passée sans problème, Belinda Donnay va peu à peu décrocher. Elle obtient un diplôme de coiffure mais ne poursuit plus les formations auxquelles elle s’inscrit et s’absente lors de ses apprentissages. 

Sa relation avec Alexandre Hart l’aurait changée en mal, elle serait devenue oisive et aurait consommé de l’alcool et des stupéfiants. Elle vivait au moment des faits avec une allocation de chômage et un complément du CPAS et donnait des cours de nage synchronisée. "Carencée sur le plan affectif, elle ne dispose pas de repères suffisants pour se construire un jugement, un auto-contrôle, une critique de soi et une morale intériorisée lui permettant d’évoluer dans des relations matures et de pouvoir s’opposer aux comportements destructeurs des autres, face auxquels elle réagit par l’esquive, l’absence de réaction voire la soumission, et après coup le déni de ses responsabilités."

Les experts estiment en conclusion que la personnalité de Belinda Donnay est problématique mais que sa dangerosité est liée à la faiblesse de ses repères. Ils estiment qu’il existe des facteurs de risque de commettre de nouvelles infractions en fonction des conditions de sa vie future mais qu’elle possède cependant des capacités qui lui permettraient peut-être un jour d’évoluer pour autant qu’elle reconnaisse la gravité des faits.