Liège

Valentin Vermeesch est mort par noyade, a exposé mardi matin, devant la cour d'assises de Liège, le médecin légiste qui avait pratiqué l'autopsie sur le corps de la victime. 

Le corps avait été retrouvé le 14 avril 2017 mais Valentin avait été tué dans la nuit du 26 au 27 mars. Ce séjour prolongé dans l'eau a fortement endommagé le cadavre, ce qui a entravé le travail du légiste. La putréfaction est un phénomène naturel qui se produit par la prolifération de bactéries qui se trouvent dans nos intestins lorsque nous sommes en vie, a expliqué M. Philippe Boxho. Ces bactéries produisent une quantité importante de gaz. Résultat: un corps putréfié est gonflé. "Ce sont ces gaz qui font remonter un corps noyé à la surface", a détaillé le médecin légiste liégeois. Un corps putréfié n'a plus d'épiderme, soit la couche superficielle de la peau. Les cheveux, barbe, poils, ongles ont également disparu.

Il a donc été compliqué pour le médecin légiste de constater les coups infligés à Valentin. Il n'a perçu que trois hématomes, au niveau du dos, de l'épaule et des fesses. Les autres lésions, si elles ont existé, ont disparu.

Il a également conclu à un décès par noyade. "Lorsqu'on se noie, on bloque les mouvements respiratoires. Mais l'accumulation de CO2 dans le corps provoque à un moment donné une respiration. De l'eau - et tout ce qu'elle contient - entre alors dans les poumons et dans le corps, et la personne perd connaissance. Pour déterminer une mort par noyade, nous recherchons la présence de diatomées, soit du plancton végétal microscopique", a présenté le légiste. Ces diatomées ont bien été retrouvées dans le corps de Valentin, qui avait été jeté vivant dans la Meuse, les mains attachées dans le dos. L'eau était à 9,8 degrés cette nuit-là.

La mort de Valentin a été rapide. Le médecin légiste estime que, dans l'état de stress dans lequel il devait certainement se trouver, son apnée n'a pas pu durer plus de trente secondes. Ensuite, le cœur continue de battre pendant deux à trois minutes. Selon le légiste, il est impossible que la victime ait pu appeler au secours plusieurs minutes après avoir été jetée à l'eau.

"Valentin aurait-il pu tenter de fuir vu les coups qui ont été portés?", a interrogé la présidente. Les accusés ont raconté deux scènes de fuite. "Oui, grâce à une décharge d'adrénaline", a répondu M. Boxho. "On est capable dans ce genre de situation de se mettre à courir. L'adrénaline, une hormone pour nous permettre de survivre, est un isolant total."

Une analyse toxicologique a également été effectuée sur le corps de Valentin, afin notamment de vérifier si la victime avait consommé de l'alcool ou des stupéfiants. Une alcoolémie de 0,89 g/l a été relevée, a indiqué Corinne Charlier, toxicologue au CHU de Liège. "Cela s'explique par une consommation d'alcool par la victime mais aussi une production post-portem, le corps ayant été dans l'eau pendant plusieurs jours." Une consommation d'alcool moindre d'un gramme par litre va provoquer un effet excitant, a-t-elle détaillé. "A partir d'1 g/l, on a plutôt tendance à s'endormir, c'est l'effet inhibiteur."

Aucune trace de médicament ou de stupéfiant n'a été relevée. Cela ne signifie pas pour autant que Valentin n'en a pas consommé. Les accusés ont en effet raconté que Valentin avait dû consommer du cannabis. "Malheureusement, le principe actif du cannabis, le THC, se dégrade relativement rapidement", a exposé la toxicologue.

"Les effets de l'alcool sont renforcés par le cannabis" et inversement, a-t-elle encore ajouté. Ces substances altèrent la personnalité et "renforcent le caractère soumis ou excité" de la personne.

Alexandre Hart, Dorian Daniels, Belinda Donnay, Loick Masson et Killian Wilmet, cinq Hutois, sont accusés d'assassinat, torture, traitement inhumain, viol, attentat à la pudeur, séquestration et menaces de mort, coups et blessures, commis sur Valentin Vermeesch dans la nuit du 26 au 27 mars 2017.