Au lendemain de l’agression mortelle, Killian Wilmet a montré la vidéo des faits.

Ce mardi, la cour d’assises de Liège qui juge les bourreaux de Valentin Vermeesch a repris le visionnage d’une reconstitution réalisée par les policiers concernant les endroits où les faits ont été commis. 

Les jurés ont ensuite entendu les experts légistes et toxicologues. " Avec la putréfaction, les lésions ont disparu", a expliqué le Dr Philippe Boxho, médecin légiste. "On a pu toutefois constater des lésions profondes. De nombreux coups contondants ont été donnés avec des objets multiples. La putréfaction est le plus grand ennemi d’un médecin légiste. Elle fait disparaître les coups superficiels et ensuite les lésions profondes." 

Le médecin légiste a expliqué que Valentin était mort noyé. "Nous avons constaté la présence de diatomées. Il a dû perdre connaissance 15 secondes après avoir repris sa respiration. Il a dû mourir après 3 minutes." 

Les jurés ont ensuite commencé à entendre les témoins. A savoir les jeunes auxquels se sont confiés les accusés après les faits. Deux d’entre-eux ont été entendus en vidéo-conférence car ils sont toujours mineurs d’âge. "Killian m’a montré la vidéo le lendemain", a expliqué un jeune homme." Valentin s’enfonçait une bouteille dans le derrière. Il n’y avait pas de son. Il m’a dit qu’ils l’ont frappé, l’ont amené près de l’eau et l’ont jeté. Il avait cité les noms d’Alexandre, Dorian et une fille, mais sans dire son nom. C’était un secret."

Ensuite, une ancienne petite amie de Killian a témoigné. "Il m’a dit qu’il avait fait une grosse connerie. Il était plutôt neutre. Il n’avait pas vraiment d’émotion. Je ne l’ai pas cru parce qu’il s’était déjà vanté d’avoir frappé des gens et ce n‘était pas vrai." 

Elle avait expliqué que Killian riait en racontant les faits. Deux jeunes ont également reçu les confidences de Killian Wilmet. Beaucoup de bruits courraient dans Huy. Ils ont dénoncé les faits. "Les seuls qui ne se rendaient pas compte de la gravité des faits, c’était eux", a indiqué ce témoin. 

Au départ Killian Wilmet a prétendu que ce n’était pas lui. Après il a déclaré qu'il avait commis les faits sous la menace d’Alexandre Hart. "Je lui ai demandé si il se rendait compte qu’il était complice d’un meurtre. Il ne se rendait vraiment pas compte." Ce témoin a dressé un portrait d’Alexandre Hart comme quelqu'un d’inquiétant dès sa plus tendre enfance. "Dès les primaires, ce n’était pas une personne avec qui on restait beaucoup. Il était lunatique, turbulent et aimait chercher misère. Il s’en prenait à plus faible que lui." 

"Valentin était la gentillesse incarnée"

Ce témoin a expliqué que Valentin était rejeté à cause de son handicap. "Il a toujours été bien aimé à Huy. Valentin c’était la gentillesse incarnée. Il aurait donné son dernier bout de pain." 

Le jeune homme s’est dit inquiet après les faits. "Dans quel monde vit-on si on ne se rend même pas compte de la gravité de faits comme cela ? Peut-on encore faire confiance à son voisin ? J’ai vu les messages sur Facebook des parents suite à la disparition. Ça m’a vraiment effrayé de voir qu’il pouvait se passer quelque chose comme cela dans ma ville."

Un autre jeune homme qui a reçu les confidences a déposé. "On a eu la haine. On voulait lui faire peur pour qu’il se dénonce. Pour moi, peu importe qui était là, ils étaient tous d’accord pour faire ce qu’ils ont fait. C’est facile de dire que l’on été menacé." Ce témoin a également décrit Valentin comme étant une personne qui avait le cœur sur la main. "Il aurait donné ce qu’il avait même s'il n’avait rien. Il essayait d’attirer l’attention. C’était un brave et gentil garçon qui ne méritait pas ce qu’il a subi."

Un dernier témoin a expliqué que Valentin était quelqu'un de gentil, mais qu'il était toujours accompagné des mauvaises personnes et qu'il l'avait soupçonné d'avoir volé dans le portefeuille que son père avait perdu.