Liège L’accusation ne voit pas de circonstances atténuantes. Les défenses en citent. Timidement.

Personne n’en doute : les peines que prononcera ce mardi la cour d’assises de Liège à l’encontre des cinq accusés, reconnus jeudi coupables de l’assassinat de Valentin Vermeesch, après huit heures de tortures, seront extrêmement lourdes. Quatre des cinq accusés, aujourd’hui âgés de 21 à 23 ans, s’exposent à la perpétuité tandis que Killian Wilmet, 16 ans lors des faits, risque au maximum 30 ans.

Le cap de 30 ans est important car, sous ce seuil, la libération conditionnelle - quasi jamais accordée à la première tentative, comme l’ont dit les avocats - peut être demandée au tiers de la peine et non après 15 ans. Or, vu l’âge des accusés, il est clair qu’ils ne termineront pas leur vie en prison.

Pour descendre sous le maximum de la peine, il faut des circonstances atténuantes. L’avocate générale Pascale Schils, qui a requis lundi matin, n’en voit aucune.

Mme Schils a dressé un portrait très noir des cinq accusés qui "vivent dans l’instant, sont sans attachements profonds, sans empathie. Ils sont égocentriques et ont développé chacun des troubles de la personnalité".

Elle a souligné le pronostic très sombre de psychiatres à l’encontre d’Alexandre Hart "dont le monde est pervers, sadique et brutal" et à l’encontre de Killian Wilmet "pour qui les autres n’existent pas en dehors de lui". Les psys l’avaient dit lors de leurs témoignages : ils ne voyaient chez eux aucune prise en charge thérapeutique possible.

Elle a dès lors requis la perpétuité à l’égard du premier et 30 ans à l’égard du second. Les trois autres, note Mme Schils, sont accessibles à un travail sur eux-mêmes, mais il sera de très longue haleine.

Mme Schils a requis la perpétuité contre la plus intelligente du lot, Belinda Donnay, chez qui les faits se sont produits et qui "plutôt que de mettre fin aux humiliations les a encouragées".

La magistrate pourrait comprendre que le jury reconnaisse une circonstance atténuante à Loïck Masson, soit son retard mental. "Mais attention, il en joue et en surjoue", a-t-elle prévenu, soulignant qu’il ne faudrait toutefois pas descendre sous les 30 ans.

Quant à Dorian Daniels, "chez qui on peut accepter qu’il est sincère dans ses remords", elle a requis 29 ans, tout en notant un paradoxe chez cet accusé qui est celui qui a été le plus violent.

Les différentes défenses l’ont toutes, avec leurs mots, relevé : les faits sont d’une extrême gravité. Mais, comme l’a souligné Me Steve Van Laenen, avocat de Belinda Donnay, "elle a commis l’irrémédiable, mais ce n’est pas pour autant le diable incarné".

Quand ils ont cité des chiffres sur les peines, les avocats ne sont pas descendus très bas. Ils ont appelé à des peines qui donnent un espoir à leur client.

Me Renaud Molders-Pierre, pour Alexandre Hart, a appelé le jury à lutter contre le sentiment de vengeance. Contrairement à l’avocate générale et aux psys, il estime que tout n’est pas perdu pour le "déconcertant" Alexandre Hart. Il a appelé à ne pas dépasser les 29 ans.

Pour Belinda Donnay, Me Jean-Dominique Franchimont a avancé la fourchette de 25 à 29 ans.

Défenseurs de Dorian Daniels, Mes Pascal Rodeyns et Séverine Solfrini estiment qu’il est "directement réinsérable". Ils n’ont pas cité d’échelle de peine, se bornant à dire qu’elle ne doit pas être maximale et équilibrée. Les défenseurs de Loïck Masson ont plaidé pour une peine sous les 30 ans.

La défense de Killian Wilmet plaide ce mardi avant que le jury et la cour partent en délibération.J. La.