Liège

La famille a présenté la personnalité d’une victime prévenante, gentille et toujours en recherche d’affection.

Les parents de Valentin ont apporté un témoignage émouvant. Sa maman avait de grosses difficultés à s’exprimer tant l’émotion est forte. Ils ont expliqué qu’alors qu’il connaissait le destin funeste de leur fils, Alexandre Hart a prétendu qu’il s’inquiétait de son sort ! "Après la disparition, Alexandre a été en contact avec moi, il m’a demandé si j’avais des nouvelles de Val", a expliqué sa maman. Même si la vie n’a pas toujours été facile, Valentin et sa maman avaient énormément de contacts. Ils avaient une relation fusionnelle.

"Valentin était très gentil, très serviable, mais pas facile", a indiqué son papa. "Il n’avait pas une once de méchanceté. Je l’ai reconnu il y a 7 ou 8 ans, à sa demande. Ça a toujours été mon fils. Je l’ai eu à 14 jours dans les mains jusqu’à son dernier jour. J’étais assez complice avec lui. J’avais un peu plus d’autorité que sa maman à qui il tenait tête. Il y avait certaines tensions. Il avait un retard, mais il se débrouillait très bien. Tout était beau, tout le monde était bon pour lui."

L’homme a évoqué sa relation avec son petit-frère et sa petite-soeur. "Il était fort protecteur, ils étaient très complices." Valentin aimait bien la mécanique moto. "J’ai vécu à côté d’un garagiste où il passait les trois quarts de ses journées. Ça lui arrivait de raconter quelques cracks. On m’a dit qu’il avait été agressé par un Albanais, mais j’étais en prison." L’homme a eu des soucis de toxicomanie et a été en prison pour des vols. La maman de Valentin s’est retrouvée seule avec ses enfants. Elle a traversé une période difficile. Valentin aurait été agressé par une personne. Sa maman a évoqué l’épisode. "Il est revenu à la maison avec une amie. Il est rentré dans sa chambre et refusait d’en sortir. Il a expliqué qu’un Albanais lui avait mis un couteau sous la gorge, volé ses cigarettes et l’avait obligé à lui faire une fellation."

Le papa a ensuite évoqué l’épisode lors duquel Valentin a été agressé par deux connaissances, dont Alexandre Hart. "Il avait une quinzaine d’impacts de fusil à air comprimé. Il en avait dans le visage et sur le corps. Au début, il a minimisé pour Hart. J’ai parlé avec ce dernier qui s’est présenté comme le grand sauveur comme il sait si bien le faire. Il a dit qu’il avait libéré Valentin. On a appris par la suite qu’il avait fait bien plus que cela. Il a fait confiance à Monsieur Hart et ça lui a porté préjudice."

Le papa de Valentin a évoqué la différence de son fils. "On lui a fait une opération pour les yeux et il avait presque récupéré, mais il restait encore quelques soucis. Ce n’est pas un garçon violent. Il se serait peut-être laissé entraîner, mais il ne sera pas le meneur. Pour se faire reconnaître ou avoir de l’amitié, il aurait pu commettre quelques faits, mais pas des faits comme ici. Il était très généreux et influençable."

"J'ai attrapé la haine", souffle le papa de Valentin

Le papa a expliqué le traumatisme provoqué par les faits. "Il me manque. Les frère et soeurs sont suivis par des psychologues. C’est déjà dur à encaisser; alors pour un frère et une soeur... J’ai attrapé une haine. Personne ne peut comprendre. Si j’avais su, cela ne se serait pas passé. J’espère que justice sera rendue et j’essaierai de faire avec."

L’avocat des parties civiles, Me Alexandre Wilmotte a estimé que les parents venaient de vivre une nouvelle épreuve. "Il faut se rendre compte de l’horreur à laquelle ces gens doivent faire face. Ce qu’ils ont du entendre, face à l’attitude des accusés. Avoir un enfant différent, ce n’est pas facile. Cela demande de la patience, du soutien. Cela demande beaucoup de qualités. La vie n’a pas été facile, mais ils aimaient leurs enfants plus que tout. C’est une réalité, quoi qu’il arrive, ce ne sont pas les parents que l’on juge."

L’avocat a évoqué la personnalité de la victime. "Les personnes vulnérables doivent pouvoir jouir d’une protection et de la bienveillance. C’était un gentil garçon, jamais violent, attachant. Ce n’était ni facile pour eux, ni pour lui. Ça a été un désastre. Il n’y aura rien à redire sur Valentin, qui était un garçon plein de vie. Cette vie, elle a été arrachée dans des conditions atroces et sans la moindre raison, c’est cela qu’il vous appartiendra de juger."

Le frère de la maman de Valentin a apporté un témoignage très émouvant. Il était très proche de Valentin puisqu’il vivait toujours chez ses parents lorsque sa soeur qui y vivait également sur place a accouché. "J’ai remarqué la différence quand Valentin a grandi. Ma maman était fusionnelle avec lui. Valentin disait toujours que j’étais un modèle. Son vélo était toute sa vie. C’était la bonté. Il était toujours là pour aider. À 7 ans, il a déjà aidé une voisine à sortir les poubelles. Il était toujours là à aider alors que lui avait tant de problèmes."

L’oncle a évoqué la différence de Valentin. "Ce sont peut être ces personnes différentes qui sont les plus normales parce qu’elles n’ont pas de haine. Elles n’ont que de l’amour à donner. Il venait peut-être d’un milieu précaire, mais il y avait de l’amour."

La grand-mère de Valentin est particulièrement meurtrie par les faits."Aujourd’hui, je m’inquiète pour ma maman parce qu’on lui a enlevé les entrailles. Elle se lève la nuit et crie sur le balcon après lui. Elle reçoit des appels de personnes qui veulent lui faire croire que le gamin est toujours là. Elle n’ose pas déposer plainte. J’ai peur pour elle qu’elle se déconnecte de la réalité."

L'oncle a évoqué le caractère de Valentin. "C’est un enfant d’une grande fraîcheur. Il a un admirable sourire. Il avait une grandeur d’âme. Il rebondissait tout le temps en tirant le meilleur. Il était d’une grande candeur. Il sentait bien qu’il était différent. Sa constante recherche, c’était de devenir comme les autres et d’affection."

L’homme est choqué par l’attitude des accusés. "Je suis choquée de l’attitude désinvolte, comme si la vie du gamin n’avait pas existé. C’est humiliant, ils ont déjà pris sa vie, sa dignité, ça ne leur suffit pas encore. Des excuses, certains le disent, mais pas entendu un seul mot pour lui."