Liège

Les jurés n'ont acquitté que Loïck Masson pour la prévention de viol, tous les autres faits ont été reconnus comme établis

Ce jeudi, la cour d’assises de Liège a reconnu Alexandre Hart, Belinda Donnay, Dorian Daniels et Killian Wilmet coupables de coups et blessures prémédités, d’attentats à la pudeur, de viol, de traitements inhumains et dégradants, séquestration, de tortures et de l’assassinat de Valentin Vermeesch, 18 ans, dans la nuit du 26 au 27 mars 2017 à Huy. Loïck Masson a été reconnu coupable de toutes les préventions excepté du viol de Valentin Vermeesch. Les jurés ont retenu toutes les préventions à charge des autres accusés. 

Les jurés ont retenu la préméditation, mais aussi la circonstance de vulnérabilité de la victime à l'encontre de chacun des accusés.

Pour rappel, après avoir humilié, frappé et torturé le jeune homme, le groupe qui l’avait menotté dans le dos l’a précipité dans les eaux de la Meuse en pleine nuit. Le corps de la victime n’a été retrouvé que le 14 avril 2017. 

Il a fallu deux jours et deux nuits aux jurés de la cour d’assises pour trancher et motiver leur décision.

Les jurés ont retenu grâce à l'enquête rigoureuse et les débats d'audiences, que les accusés ont commis de multiples scènes de violence sur Valentin Vermeesch entre le dimanche 19 h 40 au lundi vers 4 h 35. "Il va y avoir exclusivement un harcèlement envers Valentin en le questionnant sur une relation avec une fille puis le fait qu'il aurait balancé dans un précédent dossier."

 L'arrêt souligne que Valentin a été victime de nombreuses menaces avec un couteau et une arme à feu, de coups, mais aussi de gages imposés, des scènes de masturbation et d'humiliations. "Les accusés se sont moqués de lui en signalant qu'il avait un petit sexe. Ils lui ont ensuite imposé des actes de sodomie avec une bouteille puis lui ont imposé de boire à cette bouteille qui comportait ses propres matières fécales."

L'arrêt rappelle "l'utilisation de menottes. Ils lui ont porté des coups de pied, poing et de genou. Lui ont infligé des coupures avec un rasoir, une scène de coups commis à la gare. Il a été tiré à même le sol alors qu'il était attaché à une barrière. Ils lui ont imposé une scène d'un faux meurtre."

La cour a rappelé la première scène lors de laquelle Valentin a été balancé au dessus du fleuve et qu'ils lui ont fait croire qu'ils allaient l'y jeter. "Il a été obligé de manger une fricadelle trempée dans de la cendre. Les accusés ont pris des photos avec Valentin, parfois affublé de lunettes vertes et de cigarettes dans le nez. Il a été obligé de boire de l'urine. Ils lui ont ensuite imposé la scène qualifiée de barbarie par les accusés eux-mêmes. Il a subi des brulures aux jambes, aux parties et au visage." Lors d'une scène au bord du fleuve, Valentin a tenté de prendre la fuite à deux reprises. "Il a eu la tête écrasée sur le béton. Alors qu'il était conscient au sol, il a assisté à une discussion des accusés concernant le sort qui allait lui être réservé. "

L'arrêt rappelle que les actes de tortures sont "des traitements inhumains délibérés qui provoquent de graves souffrances physiques et mentales. Ils ont simulé des scènes terrorisantes, l'ont trainé au sol après l'avoir roué de coups. Ils l'ont brulé, lui ont porté des coups à répétition au visage, avec des capsules de bière dans sa bouche. Ils ont provoqué de graves violences pour obtenir des renseignements, des aveux.

L'arrêt rappelle que la déficience mentale de Valentin était visible et a été renforcée par l'ingestion forcée de drogue et d'alcool. "Ils en étaient tous conscients. Ils ont utilisé la ruse en faisant croire à Valentin qu'après ils allaient le laisser partir. Ils l'ont déshumanisé. Alexandre Hart et Belinda Donnay ont posé tous les deux un acte positif pour provoquer la mort de Valentin, les autres ne se sont opposés à aucun moment. Ils ne se sont jamais désolidarisés du groupe, ce qui a eu pour effet de renforcer Alexandre Hart et Belinda Donnay dans leur projet de tuer Valentin. Les autres sont co-auteurs du meurtre.

La journée de vendredi sera une journée de repos. Le réquisitoire et les plaidoiries concernant la peine se tiendront ce lundi. Les répliques seront ensuite réalisées. Les jurés repartiront alors en délibération sur la peine.