En fait, l’homme n’est pas fait pour rester assis toute la journée"… La météo était clémente, ce vendredi matin, sur les hauteurs de Chaudfontaine, dans le petit village de Ninane et le bourgmestre de l’entité, Daniel Bacquelaine, faisait parler son expérience de médecin pour adouber un projet qui titille de plus en plus d’établissements scolaires : l’école du dehors.

Dans l’école du village, le changement s’opère en effet en douceur, entre l’enseignement traditionnel et un enseignement dispensé en pleine nature. Un projet expérimental qui, on l’espère rue des Vergers, portera ses fruits, comme ailleurs.

Il faut dire que la situation du village de Ninane inspire ce projet, entre la réserve naturelle Natagora, la nouvelle zone d’écopâturage, à deux pas du Bois des dames… "Et cela est d’ailleurs parfaitement cohérent avec la politique que nous soutenons à Chaudfontaine", souligne Anne Thans, échevine de l’Enseignement qui évoque une approche visant à conférer à chaque établissement scolaire sa spécificité, comme l’immersion linguistique à Embourg, le théâtre à Vaux, l’excellence à Beaufays.

Pour Ninane, ce sera donc le "dehors", la nature. Mais pas de manière sauvage ou barbare car la pédagogie prime : "l’idée maîtresse est bien de construire les apprentissages là où ils prennent racine", poursuit Michel Arets, coordinateur pédagogique. À Ninane, les racines se trouvent dans le jardin, la mare, le potager ou sur le sentier didactique à l’arrière de l’école ; plus concret qu’un tableau…

Quiétude et concentration

Comment toutefois assurer un apprentissage complet sans se perdre dans ce vaste monde qui s’ouvre aux élèves (3e à la 6e primaire) ? "Il s’agit de conserver en permanence un lien entre l’apprentissage et la réalité", poursuit le coordinateur, "en sensibilisant l’enfant à la beauté du monde qui l’entoure". Les premières observations le démontrent : cet apprentissage fonctionne car il permet un éveil permanent à la curiosité, il améliore la concentration et la mémoire non sans être une source d’apaisement pour les enfants.

Et s’il pleut ? Question terre à terre mais plus que jamais légitime sous nos latitudes. À l’impossible nul n’est tenu nous rassure-t-on et, puisque tout est pensé, on précise déjà que l’infrastructure extérieure offre, elle aussi, son lot de conforts, des bottes aux vestes en passant par la nature elle-même. Bon vent à Ninane.