"Au vu du contexte actuel et des circonstances sanitaires que nous connaissons, c’est un petit exploit d’organiser un tel événement". Ainsi s’exprimait ce vendredi Jérôme Wyn, directeur du centre culturel de Liège Les Chiroux, à la veille de l’ouverture au public de la Biennale de l’image possible.

Créée en 1997 sous le nom de Biennale internationale de la photo, elle a pour but depuis 2016 de faire la part belle à l’image contemporaine sous toutes ses formes (vidéo, art numérique, etc.). Pour sa 12e édition qui court jusqu’au 25 octobre, la Bip a décidé de poser une question : celle de l’impact de l’art sur nos réalités et dans nos vies. Une question jugée plus que jamais en phase avec l’actualité, selon sa directrice artistique.

Et Anne-Françoise Lesuisse de faire référence d’emblée aux lieux insolites investis par la Bip 2020. Lesquels ont été choisis en rapport avec la thématique de cet événement international voulu "citoyen, activiste et participatif".

C’est ainsi qu’il a pris ses quartiers dans l’ancienne menuiserie de la Ville de Liège, située rue de l’Académie. Racheté en 2018 par la coopérative Novacitis, cet ensemble de bâtiments doit accueillir un centre d’entreprises dédié aux transitions.

Un autre lieu phare investi par la Bip est l’ex-magasin Decathlon rue Féronstrée et qui avec plus de 2 500 m2 était l’une des plus grandes surfaces commerciales du centre-ville. La volonté affichée par les organisateurs étant d’inscrire l’art au cœur de la cité.

Quant aux lignes de force de cette "fenêtre ouverte sur le monde", Anne-Françoise Lesuisse les a rappelées. "Il s’agit de diminuer au maximum notre empreinte écologique", a-t-elle précisé, soulignant aussi la volonté initiale d’ouvrir la programmation.

Fin 2019, un appel a été lancé au terme duquel une septantaine de candidatures ont été reçues. Une quinzaine de projets ont été sélectionnés dont trois lauréats. Le projet "Me, Myself and I" de Pieter-Jan Valgaeren qui interroge notre rapport aux écrans est à voir à La Menuiserie. Quant à l’ex-Decathlon, il accueille "Le cabinet de curiosités économiques" de Camille Lamy et Amandine Faugère. Mais aussi "Les 7 péchés du capitalisme", un autre projet voulu participatif.

La Bip, ce sont aussi d’autres artistes invités tels que le Canadien Thomas Hirschhorn et ses "Chat-Posters", le Français Sean Hart et sa fresque sur la mort de Tintin et Milou ou l’Espagnole Laia Abril autour du corps féminin et le Franco-Canadien Grégory Chatonsky…

Enfin, le parcours "in" fait la part belle à une dizaine de partenaires liégeois tels que des galeries d’art, l’École supérieure des Arts de la Ville ou encore Le Corridor (partenariat inédit) et le Musée en plein air du Sart Tilman (expo dans les bus)…