Le tribunal correctionnel a condamné Joseph, un homme âgé de 40 ans, à une peine de 6 000 euros d’amende avec sursis de trois ans pour les deux tiers de le peine ou, défaut, un mois de prison pour avoir illégalement abattu des animaux en dehors de tout cadre légal. En réalité, l’homme qui exerçait comme boucher dans une grande surface a décidé d’abattre des moutons sans étourdissement à son domicile en dehors de toutes les règles du bien-être animal et ce, sans aucune autorisations pourtant nécessaires à ce type d’abattage. Joseph travaillait au rayon boucherie d’une grande surface d’Hannut. Mais il a décidé de réaliser des abattages de moutons pour l’aïe à son domicile. 

 Le 30 juillet 2020, les policiers se sont présentés à son domicile situé à Remicourt. Lorsque les inspecteurs sont arrivés sur place, ils sont tombés sur Joseph. L’intéressé était vêtu d'une salopette tâchée de sang. L’homme était déjà connu pour avoir commis les mêmes faits en 2018. En effet, l’ AFSCA lui avait déjà dressé un procès verbal pour avoir commis le même type de faits. 

 Lors de leur visite en 2020, les inspecteurs de police ont visité une pièce carrelée dans laquelle se trouvait une table de découpe maculée de sang. Dans la pièce, ils ont découvert une poubelle contenant des viscères. Ils ont également constaté que des carcasses et des peaux de bêtes se trouvaient sur le sol de l’endroit. Les agents de l’AFSCA se sont également rendus sur place le même jour. Ils ont découvert la présence de deux carcasses de moutons suspendues et de deux bacs remplis de déchets de viscères. Ils ont aussi constaté la présence de six têtes de mouton non identifiées. Interrogé, le suspect n’a pu fournir aucune autorisation à commettre ce genre de faits. 

 Le suspect a déclaré que les deux carcasses suspendues étaient à son usage personnel et que les quatre autres carcasses avaient été emmenées par des clients musulmans. Il a reconnu les faits qui lui étaient reprochés et d’avoir abattu les animaux sans étourdissement préalable alors que cela est interdit. Entendu lors d’une seconde audition, le suspect a expliqué qu’il travaillait au rayon boucherie d’une grande surface de la région. Il a également précisé avoir une activité complémentaire d’éleveur de bovins. 

Il a expliqué avoir reçu des commandes de moutons tués pour la fête musulmane qui se déroulait le 31 juillet. Il a confirmé avoir abattu deux moutons pour sa consommation personnelle et quatre pour des commandes sans étourdissement préalable. Il s’est engagé auprès des autorités à ne plus agir de la sorte. "Ces animaux ont été abattus sans agrément et sans autorisation", a souligné le tribunal. Le 3 septembre 2018, Lors de l’audience devant le tribunal correctionnel, le prévenu a changé de version. Il a démenti avoir lui-même tué les moutons, mais a prétendu avoir accepté qu’une autre personne les tue chez lui.

 La juge n’a pas cru à cette nouvelle version. Le prévenu avait demandé à obtenir une suspension du prononcé, mais le tribunal a estimé qu’il s’agissait d’une mesure inadéquate. "Il s’agit d’une mesure de faveur qui n’est pas adaptée en l’espèce compte tenu des infractions graves constatées", a relevé la juge. En plus de l’amende, le condamné devra également s’acquitter de frais divers et de contributions à des fonds pour un total d’environ 300 euros.