Plusieurs procès d'assises, qui avaient fait l'objet d'un report en raison de la crise liée au coronavirus, ont été reprogrammés pour la rentrée judiciaire en province de Liège, dont un tout premier à Eupen. Six sessions d'assises ont déjà été annoncées devant la cour d'assises de Liège. Au tribunal correctionnel liégeois, le procès relatif à l'explosion de la rue Léopold débutera le 7 septembre.

-- LIEGE --

Les procès reprogrammés devant la cour d'assises de Liège devraient se dérouler dans des conditions adaptées aux règles sanitaires actuellement en vigueur. Outre la limitation des places disponibles dans la salle d'audience, ce sont les séances de formation du jury qui nécessiteront des modalités adaptées.

Le premier procès débutera le 7 septembre. Henry Generet, un Verviétois âgé de 37 ans, répondra de l'assassinat de sa compagne, Laetitia Depouille. Le second procès aura lieu dès le 1er octobre. Durant trois semaines, Sébastien Goemans, Fabian Dervin et Catherine Goemans répondront de l'homicide de Sébastien Boissart, un Liégeois âgé de 31 ans, tué à coups de pied de biche.

Daniel Mathy (72 ans), répondra dès le 9 novembre de l'assassinat de Claudine Hallut (61 ans), l'épouse avec laquelle il était en instance de divorce. Le 2 décembre, un jeune homme, mineur au moment des faits, répondra de l'homicide d'un autre jeune homme âgé de 18 ans.

En janvier 2021, la cour d'assises de Liège aura à connaître des dossiers d'Oumar Balde, suspecté d'avoir tué sa compagne et de l'avoir enterrée dans son jardin, ainsi que de Carine Gilsoul, accusée d'avoir tué son compagnon Patrick Voz (49 ans) d'un coup de couteau.

Au tribunal correctionnel de Liège, l'année judiciaire débutera par le procès relatif à l'explosion de la rue Léopold, survenue en janvier 2010. L'explosion avait entraîné la mort de 14 personnes et fait 19 blessés. Quatre prévenus répondront de ces faits à partir du lundi 7 septembre.

Le procès d'Alain Mathot, suspecté de faits de corruption dans le cadre de la construction d'un incinérateur de déchets à Herstal, se poursuivra les 7 et 14 janvier 2020. Le 8 septembre, la cour d'appel de Liège rouvrira les débats dans le dossier de Jean-Charles Luperto, le député-bourgmestre de Sambreville suspecté d'avoir commis des faits d'outrage public aux moeurs en 2014.

-- HUY --

La rentrée judiciaire à Huy sera conséquente avec deux dossiers importants.

Le 23 septembre, l'auteur du Fort Chabrol à Wanze du 9 août 2017 comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Huy. L'homme s'était présenté armé chez un voisin, avec lequel il avait entretenu une relation sentimentale. Le quinquagénaire avait alors ouvert le feu, blessant mortellement le chien de son ex-compagnon. L'assaillant s'était par la suite retranché dans un grenier de son bâtiment, après avoir donné la mort à son propre chien, avant d'être interpellé par les unités spéciales de la police fédérale.

Le tribunal hutois se penchera également sur un dossier de moeurs le 25 septembre. Trois policiers de la région hutoise et une quatrième personne sont poursuivis pour attentat à la pudeur et non-assistance à la victime. Le 5 juin 2018, à Modave, une dame aurait été trainée à son domicile par deux policiers après une soirée chez un voisin. L'un d'eux aurait exhibé son sexe pendant que le second la maintenait au sol. Des voisins, qui avaient aperçu la scène, avaient alerté la zone de police du Condroz.

-- EUPEN --

Enfin, Eupen accueillera à la rentrée son tout premier procès d'assises, qui se déroulera dans le nouveau palais de justice. Celui-ci débutera, le 9 septembre prochain, par la constitution d'un nouveau jury. Un premier jury avait été tiré au sort le 11 mars dernier avant que le procès ne soit ajourné en raison de l'épidémie de coronavirus. Les débats sur le fond débuteront, eux, le 14 septembre.

Kathrin Hilpert et son fils, Christian Karkuth, devront répondre de l'assassinat de Joseph Lenaerts, dont le corps sans vie avait été découvert, en état de décomposition avancée, à son domicile de la rue de la Montagne à Eupen. Une autopsie avait d'ailleurs été nécessaire à l'identification de la victime. Elle avait aussi permis de déterminer que l'homme avait été frappé à coups de hache, au niveau de la tête et du haut du corps.

Rapidement suspectée, l'ex-compagne de la victime sera défendue par Me Thévissen. Cette ressortissante allemande a toujours nié avoir tué son compagnon, alors même qu'elle avait été filmée par la caméra de surveillance d'un magasin de bricolage de la région, alors qu'elle achetait une hache, fin 2017, soit quelques jours avant la disparition de Joseph Lenaerts.

Trois hommes ont fait l'objet d'une extradition depuis l'Allemagne au cours de l'instruction. Deux d'entre eux ont bénéficié d'un non-lieu tandis que Christian Karkuth, le fils de Kathrin Hilpert devra, lui, répondre de l'assassinat du quinquagénaire. Il sera défendu par Me Barth. Huit frères et soeurs de la victime se sont constitués partie civile et seront assistés par Me Hannen.

Les accusés et la victime étant germanophones, les audiences se dérouleront en langue allemande.

Les autorités judiciaires eupenoises se penchent actuellement sur les mesures sanitaires qui seront en vigueur lors de ce procès. Certaines mesures prises à Eupen pourraient être transposées dans d'autres arrondissements judiciaires concernés par l'organisation de tels procès dans les prochaines semaines, comme à Arlon par exemple.