Faire le ménage dans les flux financiers de Nethys et de ses filiales, c'est l'objectif de la mission anti-fraude "Forensic " confiée au bureau d’audit Deloitte par le management du groupe public liégeois.

Les principaux reproches faits à Luc Partoune dans sa gestion de l’aéroport liégeois avaient déjà en partie fuité. La RTBF a mis la main sur le rapport confidentiel rédigé par Deloitte. C'est ce document qui justifie le licenciement de Luc Partoune, (ex) CEO de Liège Airport pour faute grave.

Le travail de Deloitte continue à Liège Airport, mais voici déjà les premiers éléments de leur rapport:

Des restaurants remboursés en cash

Selon la RTBF, José Happart et Luc Partoune s’approuvaient mutuellement (et oralement) leurs notes de frais. Cette habitude entre le président du CA et le Directeur général n'a "jamais été remise en doute par le conseil d’administration."

On parle de près de 19 000 euros de notes de frais (2017-2019) pour José Happart. "Principalement des frais de restaurant" (17 000 euros), mais aussi le remboursement de frais kilométriques difficilement justifiables. Ces dépenses ont majoritairement été remboursées en liquide.

560.000 euros de "frais"

Le point suivant concerne Steven Verhasselt, un responsable de la prospection commerciale pour l’aéroport de Liège. D'après Luc Partoune, cet homme de confiance qui réside à Hong Kong a permis "de contracter avec Alibaba."

Le travail de Verhasselt a été rémunéré à plus de 634 000 euros entre 2017 et 2019. Il n'y a pas eu d'appel à candidatures, ni d’appel d’offres. À ce montant s'ajoute 560 000 euros de frais. Luc Partoune a approuvé le remboursement de ces dépenses de manière informelle et ne les juge pas excessives.

Une voiture plus verte

Il est également reproché à l'ex CEO d'avoir fait en sorte que l’aéroport lui mette à disposition une voiture d'une valeur de 90 000 € HTVA. La RTBF confirme que le rapport s'interroge sur le changement de la "car policy" autorisé par les Ressources Humaines, permettant à Luc Partoune de commander une Audi Q7 à 88 000 euros. L'ex-CEO assure que cet achat est lié "à la nouvelle politique de l’entreprise souhaitant des voitures plus vertes". Le rapport estime lui qu'il s'agit d'un changement de voiture pour "convenance personnelle".

Le rapport pointe également 125 000 euros de notes de frais en deux ans, dont "le caractère professionnel n’a pas pu être établi, ni a priori ni a posteriori."

13 années avec Wust

La construction en 2007 d’un hall de fret à Liège Airport, par l’entreprise Wust, a été accompagnée d’une clause de répétitivité. De nombreux marchés en donc été remis à la même entreprise "sans remise en concurrence". On parle d'un montant de plus de 16 millions d’euros, seulement entre 2017 et 2019. La validité juridique de cette clause est à l'étude. Une réponse doit encore être apportée.

Il n’y a donc pas été vérifié que les prix pratiqués par Wust étaient "compétitifs par rapport à la concurrence et aux prix pratiquées par le marché" pendant 13 ans. 

À ce jour, tous les chantiers et projets entre Liège Airport et Wust sont clôturés.