Eupen Entretien avec Kattrin Jadin, députée fédérale libérale.

La liberté implique la responsabilité". Cette citation de George Bernard Shaw que l’on trouve en première page de son site web colle à la peau de Kattrin Jadin, députée fédérale libérale. Âgée de 39 ans, cette femme politique germanophone est née à Liège d’une mère originaire de Dalhem et d’un père originaire de Saint-Vith. "Mes grands-parents étaient quant à eux originaires de Stavelot, ce qui fait de moi un bon mix", sourit-elle.

Non issue d’une famille politisée, ses parents étaient actifs dans l’enseignement, son père préfet à Eupen et sa mère professeure de langues. Après des études primaires et secondaires à Eupen, "en langue allemande et en immersion française, ce qui était rare à l’époque", elle effectue des études supérieures à l’Université.

Refus d’assistanat

Et ce en Droit puis en Sciences politiques, un choix allant de pair avec "un intérêt pour l’argumentation et la discussion". Si elle dit regretter de ne pas avoir terminé le droit, elle obtient une grande distinction en sciences politiques. De quoi lui permettre de recevoir une proposition d’assistanat.

"Mais j’avais la volonté de m’émanciper de tissu familial", explique Kattrin Jadin, laquelle a perdu son père quand elle avait 17 ans. Celle qui avait milité au MR durant ses études - "un endroit où on pouvait s’exprimer et où il n’y avait pas de vision dogmatique et moralisatrice" - intègre plusieurs cabinets ministériels. Dont celui de Didier Reynders à qui elle doit beaucoup.

C’est en 2004 qu’elle est présente pour la première fois sur des listes électorales, et ce pour le Parlement germanophone. Malgré un bon score, elle n’est toutefois pas élue, le PFF (le pendant du MR lié à ce dernier mais autonome) ayant fait le choix de privilégier une autre femme. En 2006, elle devient conseillère communale à Eupen où elle sera réélue en 2012 et en 2018, le PFF ayant intégré la majorité et elle étant devenue échevine.

C’est en 2007 que sur proposition de son mentor, Kattrin Jadin est présente sur la liste fédérale du MR. Élue d’emblée et réélue depuis lors, elle dit avoir vécu "une mutation importante de la Belgique". Et ce dans un contexte tant international (terrorisme) et européen (crise) que national compliqué. À cet égard, elle se souvient de la crise de 2010 et elle liste plusieurs dossiers importants. Comme celui des pensions lié au vieillissement de la population.

"Les mesures prises visent à assurer l’avenir et à ne pas s’endetter fortement". Et de juger positivement l’action du gouvernement "même si la relation a parfois été compliquée avec la N-VA". Celle qui est aussi présidente du PFF depuis 2009 se dit satisfaite de l’élection de Georges-Louis Bouchez, en appelant à "une gestion moins pyramidale du parti".