Liège

"Pour ce qui est du charroi relatif au chantier de l’écluse, ils respectent ce qu’ils ont dit, 10 % transitent par la route, le reste passe par l’eau, c’est donc peu gênant […] . Mais pour les compensations, c’est du grand n’importe quoi."

Comme ses voisins et amis, Gérard Lemlin vit à Lanaye depuis… toujours. C’est dire s’il connaît son village ! C’est dire s’il connaît son environnement, bucolique, entre la Meuse sauvage et le Canal Albert ! Depuis le lancement des travaux de la 4e écluse de Lanaye (2011), il observe toutefois, inquiet, les grues de passage et participe aux réunions visant à obtenir quelques compensations en marge du chantier. Mais la déception est quotidienne…

"On constate aujourd’hui que ces travaux n’étaient vraiment pas leur priorité", déplore Gérard, qui fait le tour des "aménagements". Alors que ces travaux devaient être réalisés au début du chantier de l’écluse, ils se sont achevés fin 2013. Le Ravel (demandé depuis 20 ans) relie enfin Lixhe à Lanaye mais, le long de la Meuse (rive gauche), un mur de béton fut enlevé… pour rien !

"Nous n’avions jamais demandé le retour à une berge naturelle le long du village de Lanaye car depuis la fin des années 60, lorsque ce mur a été placé, il n’y avait plus d’inondations." Le retour aux sources fut pourtant programmé par le SPW, qui vient d’achever les travaux… "réalisés en dépit du bon sens".

La berge aménagée fut en effet transformée en "un chemin boueux, irrégulier où ils ont planté des arbres qui deviendront gigantesques". Chênes, frênes… "Dans quelques années, on n’aura plus de vue sur le fleuve", constate cette riveraine.

Le long de l’eau, des pontons permettent aux pêcheurs (même en chaise roulante) de s’adonner à leur passion de manière pratique. Belle idée ? "Pas du tout, personne n’a été consulté et ils sont placés n’importe où. Les pêcheurs ne vont pas dessus." Pas même les personnes en chaise roulante ? "Ils ont créé des rampes mais le sol est impraticable dès qu’il pleut." Ici, on attend encore un dernier chantier, celui de l’extension de la frayère… et on s’attend au pire.