Il en passe, des voitures, dans la rue de Campine. Mais depuis plusieurs mois déjà, il en passe… beaucoup plus qu’auparavant ! Et pour les quelque 1 600 Liégeois qui résident sur cet axe de pénétration, cette situation est devenue infernale. Précisément, depuis qu’un changement de sens de circulation a été opéré à quelques rues de là (rue Xhovémont) ; mais également depuis que des travaux ont débuté rue Montagne Sainte-Walburge, rendant celle-ci inaccessible dans sa partie supérieure, vers le Centre hospitalier de la Citadelle.

Résultats ? Ce sont au moins 15 000 véhicules qui transiteraient aujourd’hui chaque jour, rue de Campine, axe systématiquement engorgé aux heures de pointe. C’est plus de 600 véhicules par heure (sur 24 heures), un véhicule toutes les six secondes. Les riverains se disent désormais "asphyxiés".

"En effet, le collège a décidé le 3 juillet dernier de réorganiser la mobilité en créer une tête-bêche rue Xhovémont afin d’y limiter le trafic", explique Laurence Pappens, habitante de la rue, "avec le chantier de la Montagne Sainte-Walburge, toute la circulation a dès lors été ramenée rue de Campine"… où les habitants sont "au bord de la crise de nerfs".

Bruit, vibrations, pollution

En outre, la conséquence de cette surcharge ne serait pas que bruyante doit-on comprendre. "Outre les vibrations inexplicables qui perturbent les nuits, des armoires s’ouvrent au passage de lourds véhicules, des murs se lézardent et des façades se fissurent"… sans parler de la pollution. Des analyses effectuées en 2018 déjà démontraient que l’air devenait "irrespirable" dans ce quartier.

Ce que réclament les riverains de la rue de Campine est donc clair : une évaluation promise par la Ville de Liège, six mois après la mise en place de la nouvelle circulation rue de Xhovémont ; évaluation qui aurait dû être réalisée début janvier selon leurs calculs. Une demande qui est d’autant plus pressante que le télétravail est devenu le quotidien de nombreux citoyens.

À la Ville de Liège, on ne nie pas le problème nous assure-t-on et l’évaluation devrait être réalisée d’ici peu. Mais on convient néanmoins que les problèmes de mobilité dans ce quartier sont assez insolubles. "Le souci en effet est qu’en allégeant un axe, un autre souffre", commente-t-on au cabinet du bourgmestre. "Et à ce stade, nous n’avons pas la solution qui satisferait tout le monde."

En ce qui concerne le chantier de la rue Montagne Sainte-Walburge toutefois, une date est déjà évoquée. En effet, l’AIDE intervient ici dans le cadre d’un chantier préalable à celui des Routes de l’Emploi, sur l’axe Vottem-Citadelle. "Préalablement à ce chantier, il faut refaire les égouts dans le haut de la rue Montagne Sainte-Walburge, c’est un travail obligatoire", précise-t-on au cabinet des Travaux, "mais ce chantier devrait être terminé au début de l’été, en juin."