Depuis 1996, le célèbre World Monuments Fund (WMF) publie, tous les deux ans, une liste de monuments considérés comme "les plus en danger de la planète". Surprise cette année, une célèbre église liégeoise figure parmi cette liste peu élogieuse pour le patrimoine.

En l’occurrence, il s’agit de la collégiale Sainte-Croix, qui surplombe la rue Haute-Sauvenière et la place Saint-Lambert. Double consécration : c’est la première fois depuis la publication de la liste qu’un site belge figure dedans.

L’objectif premier du WMF, fondation privée créée en 1965 grâce à des fonds américains, n’est pas de pointer du doigt des responsables mais, néanmoins d’attirer l’attention et, in fine, d’œuvrer à la sauvegarde d’un patrimoine mondial d’exception.

Seul site du Benelux, la collégiale Sainte-Croix est épinglée, comme deux églises parisiennes (Saint-Merri et Notre-Dame de Lorette), la bibliothèque Joanine de Coimbra au Portugal, le domaine des dolmens Damiya en Algérie ou encore… Venise elle-même.

Au total, ce sont 67 sites répartis sur quatre continents qui figurent dans la liste de 2014. Les menaces pesant sur ces monuments sont autant d’ordre politique que climatique ou touristique.

Patrimoine exceptionnel de Wallonie, la collégiale Sainte-Croix (fondée en 979 par l’évêque Notger) est aujourd’hui dans un état de dégradation avancée et n’est plus ouverte au public que sur demande.

Dans le cadre du projet de circuit des collégiales, la Ville de Liège est en train de réaliser un état sanitaire des lieux (comme pour Saint-Jean). Ce dossier doit être transmis à la Région wallonne qui, patrimoine exceptionnel oblige, assurerait 95 % du coût du chantier estimé, rien que pour Sainte-Croix, à 25 millions d’euros.

Précisons que les échafaudages installés ne signifient pas que des travaux sont en cours… ils sont dressés ici pour la stabilité du bâtiment.