C’est vrai, les transferts entre partis ne sont pas rares en politique. Mais le cas de Sarah Schlitz est assurément différent. En effet, cette Liégeoise de sang et de cœur, cheffe de file des Écolos liégeois aux dernières élections fédérales à 32 ans et nommée ce jeudi, Secrétaire d’État a eu sa carte du… PS !

Petite fille d’un ancien bourgmestre socialiste de Liège (Henri Schlitz) et passionnée dès son plus jeune âge par le débat, l’engagement, elle a peu hésité en quittant la rhéto… ce sera "Sciences po". Mais contre toute attente, ce n’est pas dans la "tradition" familiale socialiste que Sarah Schlitz s’engagera mais bien chez Écolo. Pourquoi ? Elle avait évoqué le sujet lors d’une interview intimiste.

Elue dès 2012

"En fait, je ne me retrouvais simplement pas dans ce PS. Et je ne voulais pas non plus être la caution jeune ni celle qui allait tout renouveler. Ce n’était pas ma mission". Qu’on ne se méprenne pas bien sûr, les rapports familiaux n’en ont jamais pâti. "D’ailleurs, j’avais de très bons rapports avec mon grand-père. Ce n’était pas un bavard mais j’avais un excellent feeling avec lui. Et j’ai toujours une grande fierté par rapport à cette culture de solidarité car mes grands-parents étaient de vrais militants".

Fille des années 90, elle optera, avec un caractère bien trempé (c’est un euphémisme) pour la lutte écologiste. Élue dès 2012, elle s’imposera ensuite comme l’un des leaders des Verts à Liège.

Féministe assumée, on a souvent entendu sa voix lors des débats au parlement sur la question du vote de la proposition de loi dépénalisant l’avortement et assouplissant ses conditions.

Détentrice d’un Master en sciences politiques de l’ULiège et d’un Master complémentaire en urbanisme et aménagement du territoire dans la même université, elle a travaillé chez Inter-Environnement Wallonie, ce qui l’a amenée à co-présider la "Coalition Climat" belge. Mobilisée précédemment pour la COP21, (elle s’est rendue à Paris à vélo) elle avait déjà l’expérience du contact avec les médias avant de se tourner pleinement vers la politique.

Deux minutes de courage

"Ce qui me frustre toutefois, c’est quand je suis perçue comme une politicienne par les militants, qui affichent désormais une certaine distance". Car c’est la passion qui la guide en politique, pas la fonction. Lorsqu’on l’interroge sur ce qu’elle aurait pu faire si elle n’avait pas fait de la politique, on observe un silence, rare en sa présence. Heureuse, bien dans ses baskets et bien à sa place chez Ecolo donc, "car il y a une grosse indépendance chez nous, on peut débattre, influencer la ligne du programme".

"Et demain, Ministre ?" lui demandait-on alors. Pas d’ambition établie mais une méthode : "Si je sens quelque chose, je le fais. Je me dis souvent, il faut juste deux minutes de courage. Pour l’instant, je ne me vois pas ailleurs qu’en politique, mais c’est sûr un jour, quand je l’aurai décidé, j’arrêterai spontanément". Du caractère vous avez dit ?

J.-M. C. et M. B.