Liège Celle qui a remplacé Muriel Gerkens sur les bancs Ecolo au fédéral se livre à la DH.

C’est vrai, les transferts entre partis ne sont pas rares en politique. Mais le cas de Sarah Schlitz est assurément différent. Pour cette Liégeoise de sang et de cœur, cheffe de file des Écolos liégeois aux dernières élections fédérales à 32 ans et récemment élue députée alors qu’elle siégeait déjà en remplacement de Muriel Gerkens, une voie semblait toute tracée : le PS. Elle a d’ailleurs eu sa carte !

Petite fille d’un ancien bourgmestre socialiste de Liège (Henri Schlitz) et passionnée dès son plus jeune âge par le débat, l’engagement, elle a peu hésité en quittant la rhéto… ce sera "Sciences po". Mais contre toute attente, ce n’est pas dans la "tradition" familiale socialiste que Sarah Schlitz s’engagera mais bien chez Écolo. Pourquoi ?

"Je ne parlerais pas de rupture car mon père, qui est conseiller en développement durable, me disait souvent qu’on était tous un peu écolo", nous confie la députée. "En fait, je ne me retrouvais simplement pas dans ce PS. Et je ne voulais pas non plus est la caution jeune ni celle qui allait tout renouveler. Ce n’était pas ma mission". Qu’on ne se méprenne pas bien sûr, les rapports familiaux n’en ont jamais pâti. "D’ailleurs, j’avais de très bons rapports avec mon grand-père. Ce n’était pas un bavard mais j’avais un excellent feeling avec lui. Et j’ai toujours une grande fierté par rapport à cette culture de solidarité car mes grands-parents étaient de vrais militants".

Fille des années 90, elle optera, avec un caractère bien trempé (c’est un euphémisme) pour la lutte écologiste. Élue dès 2012, elle s’imposera ensuite comme l’un des leaders des Verts à Liège. La conviction qui transparaît dans ses propos mêlée à son timbre de voix convaincant en font une parfaite porte… voix. En la "débauchant", Bénédicte Heindrichs avait vu juste.

Féministe assumée, résidente de Pierreuse et cycliste au quotidien - "nous avons abandonné la voiture avec mon compagnon après avoir perdu les clés en rue il y a deux ans" -, elle revendique aujourd’hui plus que jamais cette indépendance liégeoise dans ses paroles ET dans ses actes. "Plus jeune j’ai souvent participé aux ateliers manuels à Angleur, ce qui m’a sans doute amené à créer le repair café avec des copines". Et aujourd’hui, elle est de tous les combats à Liège : la masse critique, le climat, le soutien au squat Entre-Terre Entre-Mondes… entre autres.

"Ce qui me frustre toutefois, c’est quand je suis perçue comme une politicienne par les militants, qui affichent désormais une certaine distance". Car c’est la passion qui la guide en politique, pas la fonction. Lorsqu’on l’interroge sur ce qu’elle aurait pu faire si elle n’avait pas fait de la politique, on observe un silence, rare en sa présence. Heureuse, bien dans ses baskets et bien à sa place chez Ecolo donc, "car il y a une grosse indépendance chez nous, on peut débattre, influencer la ligne du programme". De la bienveillance aussi, assure-t-elle.

Désormais, elle participe aux commissions Climat, Mobilité et Droit des femmes… what else ? Avec déjà des idées plein la tête : "Je souhaite organiser une séance plénière spéciale sur le climat avec des acteurs de tous horizons", lâche-t-elle, certaine de voir juste et d’avoir gain de cause.

Et demain ? Ministre ? Pas d’ambition établie mais une méthode : "Si je sens quelque chose, je le fais. Je me dis souvent, il faut juste deux minutes de courage. Pour l’instant, je ne me vois pas ailleurs mais c’est sûr un jour, quand je l’aurai décidé, j’arrêterai spontanément". Du caractère vous avez dit ?