Les travailleurs du secteur de l’Enfance sont en colère ! Qu’ils exercent dans les milieux d’accueil collectifs ou à domicile, dans l’accueil extrascolaire, les services de promotion de la santé à l’école, la prise en charge d’enfants malades… ils ne se sentent pas reconnus, pas respectés alors qu’ils rendent des services indispensables à la population. Si l’action du 1er avril a fait légèrement bouger les lignes, on est encore très loin du compte. Voilà pourquoi les travailleurs passent à l’action à nouveau ce mercredi.

Conséquence, du côté public, toutes les crèches de la ville de Liège, à l’exception de la crèche d’Agimont, seront fermées ce 5 mai et une manifestation aura lieu aux Guillemins de 7 à 10 heures.

“Le personnel des crèches a l’impression d’être invisible, d’être abandonné à son sort !” s’exclame Christophe Kinot, délégué principal CSC Services publics à la Ville de Liège. “Les puéricultrices veulent faire entendre leur malaise, elles veulent être reconnues comme essentielles, voilà pourquoi elles déploieront des calicots et pancartes sur l’esplanade des Guillemins”.

Dans le privé aussi, certaines crèches fermeront leurs portes mercredi, ce sera le cas par exemple des Lucioles à Visé. D’autres feront de la sensibilisation comme les crèches de l’ARC à Blegny, les crèches St-Raphaël à Rocourt et St-Dominique à St-Nicolas ou le Prégardiennat d’Alleur. Certaines fonctionneront en personnel réduit comme à l’Arrêt de Puces au MontLégia et de très nombreuses accueillantes à domicile seront en grève.

En outre, une manifestation des divers acteurs du secteur est prévue sur l’espace Tivoli de 10 h 30 à 12 h.

“Le secteur de l’enfance est un secteur essentiel, indispensable pour tous les parents. Il joue un rôle crucial dans l’encadrement des enfants depuis les premiers mois de la vie jusqu’à 12 ans. Or, ce secteur n’est pas valorisé, n’est pas respecté par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les conditions de travail sont inacceptables, les métiers peu attractifs”, déplore Marie-Christine Falzone, secrétaire permanente CNE.

Les difficultés du secteur sont structurelles, la crise sanitaire n’a fait que les amplifier. “Les travailleurs de l’Enfance ont tous été sur le front pendant toute cette crise mais le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles les ignore”, constatent Marie-Christine Falzone et Christophe Kinot.

Sous-financement

En outre, selon la CNE, le secteur souffre de sous-financement chronique, de conditions de travail pénibles, de bas salaires… “Les moyens prévus par le gouvernement sont totalement insuffisants pour mettre en œuvre la réforme du secteur, notamment en matière de normes d’encadrement ou encore pour réaliser le passage au statut de salariées des accueillantes à domicile actuelles à l’horizon 2025 qui leur permettrait d’avoir accès à la sécurité sociale. Et globalement, les moyens prévisibles pour un accord social non marchand sont trop faibles en Fédération Wallonie-Bruxelles pour assurer une revalorisation barémique structurelle, notamment”, conclut Marie-Christine Falzone, secrétaire permanente CNE.