Emilie, 28 ans, a comparu détenue devant le tribunal correctionnel de Liège pour répondre d’avoir commis une extorsion avec violence et un port d’arme illégal. En réalité, la jeune femme n’a pas hésité à menacer un homme d’un cutter pour que ce dernier retire de l’argent et lui remette la somme. 

Les versions des deux protagonistes divergent, mais la jeune femme est en aveux complets. Le 16 juin dernier, elle se trouvait dans la rue Marnix à Seraing lorsqu’elle est montée à bord d’un véhicule. La victime a expliqué qu’Emilie avait prétendu se sentir mal et devoir se rendre à l’hôpital. Emilie expliquant quant à elle qu’elle s'adonnait au plus vieux métier du monde.

Toujours est-il qu’elle est montée à bord du véhicule et a sorti un cutter pour menacer le conducteur de la voiture. Emilie s’est saisie du téléphone de la victime et l’a forcé à se rendre à un distributeur d’argent. Comme l’homme n’allait pas assez vite à son goût, elle l’a rejoint sur place et a été filmée par les caméras de surveillance. 

Emilie et sa victime ont dû se rendre à un second distributeur. Elle a forcé l'homme à lui remettre cent euros. La suspecte a été reconnue par un enquêteur. Elle a été arrêtée le 27 juin suivant. Elle était toujours porteuse d’un cutter… 

Entendue, la suspecte a avoué les faits. Elle a expliqué son comportement par son addiction à la cocaïne. "La cocaïne, c’est psychologique, j’ai passé un mois en prison, je n’y pense plus", a précisé la détenue. "J’ai pris contact avec un psychologue. J’ai commencé à travailler en prison. J’aimerai faire une formation." 

Le parquet a souligné la gravité des faits et le traumatisme pour la victime. Le substitut a requis une peine de 18 mois de prison sans s’opposer à un sursis probatoire. La défense a retracé la vie de la jeune femme qui aurait été séquestrée par un homme plus âgé alors qu’elle était à peine âgée de 18 ans. Cet homme l’aurait contrainte à se prostituer dans un appartement situé à Namur et l’aurait initiée à la cocaïne. Un produit dont elle aurait beaucoup de difficultés à se défaire. L’avocat a plaidé un sursis probatoire.