David 44 ans et Laetitia, 26 ans, encourent respectivement 18 mois et 10 mois de prison devant le tribunal correctionnel de Liège pour avoir frauduleusement organisé l’insolvabilité du premier tandis qu'il devait près de 200 000 euros à des créanciers et n’avait pas payé plus de 14 000 euros de parts contributives qu’il devait pour son enfant issu d’une précédente union. Le parquet ne s’est pas opposé à un sursis pour la prévenue. Il a par contre totalement rejeté l’idée d’une mesure de clémence pour David. Il a également requis une confiscation d’un total de plus de 210 000 euros à son encore.

Entre 2013 et 2019, David n’a pas payé les deux cents euros qu’il devait verser pour permettre l’éducation de son enfant dont il était séparé de la mère.

Le 9 mars 2015, la société de David a fait faillite. Cette faillite a provoqué de nombreuses créances notamment au SPF Recette, au SPW, à la TVA, mais aussi à des banques, à la CILE à Resa ou encore à la société Voo.

En tout, l’ardoise est montée à 195 811, 36 euros. David a déclaré qu’il n’avait plus aucun revenu et ne pouvait donc honorer les dettes. Une enquête a débuté et il est apparu que l’homme a déclaré n’avoir aucun compte bancaire et ne recevoir aucun revenu. Selon le ministère public, la réalité était tout autre. Alors qu’il n’était pas censé avoir de voiture, il roulait avec des véhicules "prêtés" par un ami mais dont il a dit qu’il devait lui verser de l’argent. "Il me prêtait des voitures, mais j’ai fait un accident", a déclaré David lors de la première audience.

Selon le parquet, l’intéressé vivait bien grâce à l’argent que sa compagne gagnait grâce à la prostitution. "Je ne m’occupais pas de ses papiers", a indiqué Laetitia. "Je savais qu’il avait fait faillite, mais je ne connaissais pas la somme." Le parquet a estimé que la dame était co-auteur et qu’elle avait notamment aidé David en lui permettant d’utiliser son compte bancaire.

Le GSM de l’homme a envoyé un message à la jeune femme dans lequel il écrivait : " On en est à 1000 euros tous les jours donc on ne lâche pas." David a déclaré que ce message avait pu être écrit par quelqu’un d’autre que lui. "Elle ne gagnait pas 1000 euros par jour. On a pu prendre mon GSM et envoyer ce message. Mes parents m’ont aidé et j’ai perçu des montants à la suite d’un accident de la route." Une somme qui aurait dû être mise à l'actif de la faillite selon l’auditorat. Les avocats ont plaidé l’acquittement pour certains faits, mais aussi des mesures de clémence. Le jugement est prévu en septembre.