A peine 30 à 40 citoyens pas contents, mardi soir, au conseil communal de Seraing...

On s'attendait pourtant à y voir plus de monde vu l'appel à la mobilisation lancé les jours précédents par le PTB sur les réseaux sociaux... Trente à quarante citoyens sérésiens ont finalement fait le déplacement pour s'opposer à la taxe sur la collecte et le traitement des déchets ménagers. Quelques-uns parmi eux brandissaient des affiches aux slogans à la fois accrocheurs et discutables, à l'image des trois heures de discussions sur cette fameuse taxe déchets certes en forte augmentation dès 2020. Pour rappel, la taxe forfaitaire passe de 72 à 94 € pour les isolés, de 87 à 125 € pour les ménages de deux personnes, de 98 à 146 € pour les ménages de trois personnes et de 103 à 157 € pour les ménages de quatre personnes. Cette même taxation sera appliquée aux ménages de plus de quatre personnes. L'échevine en charge de l'environnement, Laura Crapanzano, a rappelé les raisons d'une telle augmentation: l'obligation de la Région wallonne d'atteindre 100 % du coût vérité, soit répercuter via la taxe le coût réel des déchets (89 % en 2019), sous peine pour la ville de Seraing de voir son budget 2020 non approuvé par la tutelle, et l'indexation de 4,8 % des tarifs d'Intradel pour 2020.

"Je trie, nous trions, ils empochent" ou encore "Pour une ville sociale et propre", pouvait-on lire sur ces affiches. Propre, la ville de Seraing ne l'est clairement pas au vu des dépôts de sacs poubelles et autres encombrants que l'on voit très souvent, si pas quotidiennement, aux abords des bulles à verres et vêtements... Sociale? On ne peut, par contre, dire le contraire sachant que les aides pour les ménages aux plus faibles revenus sont maintenues, voire renforcées... "Si l'on paie plus aujourd'hui, c'est parce que certains ont produit des déchets de façon folle! Plus il y a d'incivilités et plus cela grève le budget de la ville", a insisté Fabian Culot (MR), prônant un rééquilibre entre les ménages tenus de payer la totalité de la taxe, et qui paieront donc davantage, et ceux qui paient moins voire pas du tout car bénéficiant de ces aides sociales...

Après avoir très justement fait remarquer que "plus les gens trient et plus on les fait payer", ce qui est effectivement le cas pour les ménages qui veillent au tri des déchets, le PTB est vite retombé dans ses travers en maniant l'art de mélanger des pommes et des poires. Et d'inviter par exemple la majorité socialiste à aller voir comment font d'autres communes vis-à-vis de leur taxe déchets... Communes qui ne sont pas sous plan de gestion contrairement à Seraing... De suggérer d'appliquer une taxation sur les friches industrielles au lieu d'augmenter la taxe déchets... Ou encore d'encourager la Ville à se passer d'Intradel et de ses infrastructures dédiées à la collecte et au traitement des déchets pour organiser elle-même le ramassage en achetant "deux camions" pour couvrir un territoire de plus de 64 000 habitants...

"Je ne vois pas en quoi tout ce que j'ai entendu va permettre de rencontrer cet objectif de coût vérité", a répondu l'échevine. Pas de solutions réellement concrètes et réalistes, en effet, n'ont été apportées par les ardents défenseurs d'une réduction de cette taxe...

Si bien qu'au bout de ces trois heures de discussions, la taxe déchets a été approuvée par la majorité socialiste tandis que le MR et Ecolo se sont abstenus et que le PTB s'y est opposé.