Cela fait 22 jours que le personnel de conduite de la centrale Luminus située à Seraing est en grève. En front commun (CGSP Gazelco, CNE, CSC BIE), il réclame une revalorisation du métier de la fonction d'adjoint et dénonce une accumulation d'heures supplémentaires au-delà de la limite légale ainsi qu'un manque d'effectifs.

Vendredi matin, le personnel campait une fois de plus devant l'entrée de la centrale. Un mouvement spontané avait été entamé le 28 avril à 16h00 par le personnel de conduite. Puis un préavis couvrant la période du mercredi 4 mai au mardi 17 mai, à minuit, avait été introduit. Jusqu'à cette dernière date, les syndicats avaient choisi de taire leur mouvement d'humeur.

"Nous avons trois revendications", explique Nicolas Peeters, pour la CGSP Gazelco. "D'abord la revalorisation du métier d'adjoint au dispatching de la centrale de Seraing. Deuxièmement, la difficulté de prise de congé suite à la prestation excessive d'heures supplémentaires, le manque d'anticipation de départs à la retraite et le manque d'effectifs. Troisième revendication: l'ouverture des débats pour la valorisation de nos grilles barémiques, qui sont parmi les moins favorables dans le secteur, pour toute l'entreprise et tous les métiers".

Selon le front commun syndical, l'origine du problème remonterait à une centralisation effectuée il y a 9 ans et à la suite de laquelle les effectifs sont passés de 35 ETP à 18 ETP. Les équipes fonctionnent par ailleurs avec un seul contre-maître et deux adjoints, contre, dans le passé, trois contre-maîtres et trois adjoints, ces derniers devant réaliser des tâches pour lesquelles ils ne sont pas nécessairement qualifiés. Au 1er janvier, les syndicats ont par ailleurs comptabilisé 22.000 heures supplémentaires à récupérer parmi les 18 ETP, ont-ils encore précisé.

"Certaines rencontres avec la direction ont déjà eu lieu", a ajouté Nicolas Peeters, "mais celles-ci se sont soldées par un échec".

Furieux, le personnel gréviste a vendredi matin décidé de bloquer l'accès au chantier adjacent du site et sur lequel doit voir le jour la future centrale au gaz de Luminus. Vers 9h30, un huissier de justice est venu constater les faits.