Le tribunal correctionnel de Liège a décidé de ne pas révoquer le sursis probatoire accordé à Mustafa, 66 ans, condamné pour avoir porté un coup de couteau à Raoul Hedebouw lors d’un meeting politique en 2017. 

En effet, le parquet de Liège avait requis la révocation car le sexagénaire souhaitait ne pas respecter les conditions qui lui ont été accordées lors du prononcé par le tribunal correctionnel de Liège de 28 mois de prison avec sursis probatoire pour les trois quarts en retournant en Turquie, son pays d’origine. Pour rappel, le 1er mai 2017, Mustafa s’est rendu au meeting de Raoul Hedebouw car il voulait s’en prendre à une personnalité politique après avoir été lui-même victime d’une agression. Mustafa transportait des tracts sur lesquels il avait écrit que : "La justice belge est pourrie jusqu’à la moelle." En réalité, il voulait protester contre le traitement réservé à une agression ont il avait lui-même été victime. Le jour des faits, il s'était muni d’un spray lacrymogène et d’un couteau de cuisine avant de se rendre au centre de Liège. Il s'est glissé derrière Raoul Hedebouw et lui a planté un couteau dans la fesse. 

L’homme politique a dû subir des points de suture et a eu une blessure de 4 cm de profondeur. En 2017, le tribunal a accordé à Mustafa une peine avec une partie de sursis. La fin de sa probation est prévue pour la fin de l’année 2022. Au départ, Mustafa a bien suivi sa probation. Malgré son suivi, il a déclaré qu’il avait visé la fesse de Raoul Hedebouw parce qu’il voulait "lui faire mal comme il avait eu mal." L’homme rentrait régulièrement en Turquie. Mais depuis quelques temps, il a annoncé son intention de retourner à long terme dans son pays d’origine. 

Le parquet estime que cette décision entrave le suivi probatoire et souhaitait que si l’homme quittait le territoire, son sursis soit révoqué. « Tant qu’il y a le Coronavirus, je reste ici, mais après je veux retourner en Turquie pour retrouver ma famille", a indiqué Mustafa. L’avocate du prévenu a parlementé avec lui pour tenter de le faire changer d’avis et le tribunal a tenu compte des explications de l’homme qui a fini par se résigner à attendre la fin de sa probation pour repartir.