Cocorico du côté de Seraing, et plus particulièrement du côté du zoning industriel de la Boverie où est implanté le groupe Recma, qui vise l'insertion socioprofessionnelle via la création d'emplois. En effet, la filière wallonne Solarcycle, mise en place par le Groupe Comet (actif dans le négoce de métaux ferreux, non ferreux et dérivés) et Recma Groupe, a été sélectionnée parmi les principaux acteurs du traitement des panneaux photovoltaïques en France, pour les trois années à venir. Objectif? Traiter environ 20 000 tonnes, soit plus d'un million de panneaux, à l'horizon 2026.

La durée estimée d'une installation étant de 25 ans, l'Union européenne a souhaité encadrer la fin de vie attendue des premières installations et a adapté sa réglementation dès 2012, les panneaux photovoltaïques usagés étant à considérer depuis lors comme des DEEE (Déchets d'Equipements Electriques et Electroniques). C'est à cette époque que plusieurs acteurs se sont rassemblés au sein d'un projet de recherche et développement dénommé Solarcycle, soutenu par la Région wallonne et le Pôle Mecatech, dans le cadre du Plan Marshall.

"Un panneau photovoltaïque, c'est un véritable mille-feuille de matières collées les unes aux autres. Il fallait donc explorer différentes technologies pour les séparer en vue de leur valorisation", souligne Pierre-François Bareel, administrateur-délégué de Comet Traitements. Ce qui a été fait avec l'aide de deux laboratoires universitaires, où se poursuivent actuellement des travaux de recherche liés, notamment, à la valorisation du silicium présent dans les panneaux.

La première opération consiste à rassembler les panneaux et à les démonter suivant une méthodologie bien particulière. C'est Recma qui assure cette première opération. "Nos équipes démontent tout ce que l'on peut enlever à la main et à l'aide d'une machine-outil conçue sur mesure. C'est à ce stade que l'on récupère le cadre en aluminium (13 à 15 % du panneau) et la connectique, qui recèle du câblage en cuivre et autres métaux précieux (3 à 4 %). La suite se passe chez Comet", précise Claudel Guitard, directrice de Recma.

La feuille du panneau, constituée de verre (jusqu'à 75 %), d'une backsheet de plastique (5 à 10 %) et des gaufrettes contenant du cuivre, de l'argent (3 à 4 %) et du silicium (1 à 2 %), prend alors la direction du Groupe Comet en vue de la séparation des matières et leur valorisation.

Avec un bilan approchant les 50 000 panneaux traités fin 2020, Solarcycle s'est ainsi imposé comme un acteur crédible au sein de la filière de traitement des panneaux photovoltaïques en France.