Mme Chantal Daniel, ancienne bourgmestre PS de Soumagne a réclamé par l’entremise de son conseil la condamnation de Pierre Brzakala à 2 500 euros de dommages devant le tribunal correctionnel de Liège. L’ancienne bourgmestre estime que l’homme qui était alors Echevin de l’enseignement, a, avec d’autres organisé du harcèlement à son égard. En 2013, Chantal Daniel à succédé à Charles Janssens. Une arrivée qui ne s’est pas faite sous les meilleurs auspices. Selon l'avocat de l'ancienne bourgmestre, il s’agirait d’un problème "machiste". La bourgmestre n'aurait pas été acceptée parce qu'elle est une femme. "C'était un collège masculin dans lequel débarque une femme", a plaidé l'avocat.

Des tensions sont rapidement nées entre la bourgmestre et plusieurs échevins. Des clans se sont formés et l’ambiance était à tout le moins électrique. Les noms d’oiseaux n’étaient pas rares et les conseils communaux devenaient presque folkloriques… C’est dans cette ambiance que des plaintes croisées ont été déposées par plusieurs personnes, dont la bourgmestre elle-même. Elle accusait plusieurs échevins de harcèlement entre 2013 et 2017, durant son mandat. La chambre du conseil a décidé de plusieurs non-lieux. Seul Pierre Brzakala se retrouve actuellement poursuivi devant le tribunal avec le risque de se voir condamné à payer une indemnité à l’ancienne bourgmestre. Il l’aurait notamment traitée de BBB, le boeuf de la race Blanc, Bleu, Belge… L’homme a réfuté toute volonté de harcèlement, même si il a admis qu’il avait mené, avec d’autres, une fronde pour dénoncer des comportements qu’il estimait inadmissibles de la part d’une bourgmestre. “De temps en temps, c’est vrai que je suis sorti de mes gonds”, a expliqué le vaillant Pierre Brzakala. “J’ai un problème d’audition. J’ai l’habitude de parler fort. La bourgmestre savait comment m’énerver. Lorsqu’elle n’avait pas envie d’aborder un point, elle ne le faisait simplement pas. Parfois, elle faisait semblant de baisser la voix pour ne pas que j’entende. Je réagis rapidement, elle savait comment m'énerver."

De vifs échanges avaient alors lieu. “Je n’ai jamais traité la bourgmestre de Blanc, Bleu, Belge. J’avais demandé que l’on change les fauteuils car le personnel de l’enseignement se plaignait de problèmes de dos. On m’a présenté un modèle dans lequel si je m’asseyais, la chaise se relevait avec moi. Je ne suis pas gros, mais j’ai une tendance à l’expension latérale. J’ai dit à la dame qui me présentait les chaises qu’elle n’oublie pas que, comme la bourgmestre, on faisait partie des Blancs, Bleus, Belges. C’était de l’humour. Je suis du peuple. Je parle comme cela.” 

Selon l’avis des personnes entendues, il est vrai que l’homme démarre au quart de tour et qu’il peut être excessif. “Quand elle arrivait, elle ne disait même pas bonjour. Parfois, j’avais le besoin de lui dire qu’elle mentait ou qu’elle exagérait. On a dû mordre sur notre chique et faire en sorte que l’administration communale soit au service des citoyens. Elle avait également fait surveiller les boîtes mails de certaines personnes.

Les personnes entendues ont également pointé du doigt le comportement de la bourgmestre de l’époque. “Chacun de nous a lu un dossier qui est désolant face aux témoignages”, a débuté le parquet. “Les relations étaient exécrables. Il y avait un climat de suspicion et de paranoïa. Les échevins étaient virulents, déplacés, mais le comportement de la bourgmestre n’était pas exempt de tout reproche.” Des personnes qui travaillaient à ses côtés ont expliqué qu’elle avait donné des surnoms peu élogieux aux échevins, comme le “demi-cerveau” ou encore “le fou” pour Pierre Brzakala. “Elle était toujours dans le conflit” a expliqué un témoin. “Elle est souvent responsable des critiques et elle se sent harcelée à chaque fois que l’on n’est pas d’accord avec elle. Qui sème le vent, récolte la tempête”, avait même déclaré ce témoin.

Selon des personnes entendues, la bourgmestre semblait manquer de confiance envers ses collaborateurs et était décrite comme “directive”, “méprisante” ou encore “despote.” Pour le parquet, le comportement de la bourgmestre est en partie responsable du climat délétère qui sévissait à l'époque. “Monsieur Brzakala était convaincu de la légitimité de son action.” Le parquet a estimé que les faits ne sont pas établis. La défense de Pierre Brzakala a également plaidé l’absence d’infraction et l’acquittement. La décision sera rendue dans le mois.