Le 8 février dernier, M. Polis a découvert qu'environ 600 animaux et peaux de bêtes avaient été dérobés par l'un de ses employés qui, avec l'aide de complices, en a fait un commerce parallèle.

"La société Masaï Gallery existe depuis 2009. Nous achetons des animaux décédés de mort naturelle dans les zoos, cirques et autres parcs, puis nous les confions à des taxidermistes avant de les revendre", indique M. Polis. "Nous possédions plusieurs centaines d'animaux naturalisés dans un showroom et stockions également des peaux d'animaux en attente d'acheteurs dans des congélateurs".

Il y a quelques semaines, l'homme d'affaires s'est aperçu que de nombreux animaux avaient quitté le showroom. "J'ai posé la question à mon employé qui m'a expliqué qu'il les avait placés en dépôt/vente dans différents magasins. Je lui ai donc demandé de les rapatrier vers la société en vue d'y organiser une grande vente aux enchères".

L'administrateur délégué de Masaï Gallery et de la Polis Animals Fundation qui y est associée s'est alors rendu compte de la supercherie. "Les animaux et les peaux rares ont été vendus sur un marché parallèle. Alors que le prix de vente d'un lion ou d'un tigre s'élevait à 35.000 euros, ils ont été écoulés à prix cassés, entre 5.000 et 7.000 euros", détaille M. Polis, qui estime le prix de revente à 3,5 millions d'euros.

"Les premiers faits datent d'il y a deux ans mais ces quatre derniers mois, le processus s'est accéléré. Tous les jours, nous recevons des plaintes de personnes qui ont versé des acomptes il y a plusieurs mois mais qui n'ont pas reçu les animaux", ajoute l'administrateur délégué.

"Outre les animaux et les peaux volés à la société, l'employé a également subtilisé des animaux qui appartenaient à ma collection personnelle et légués à la fondation Polis Animals Fundation, en vue de créer un grand musée", poursuit le patron de la société qui regrette que depuis cinq semaines, aucune perquisition n'ait encore été réalisée. "Plusieurs de mes animaux achetés par des Français ou des Néerlandais sont toujours en vente sur des sites internet. Au vu des prix proposés, il est évident que les acheteurs ont conscience du fait qu'il s'agit d'animaux volés. Ils pourraient d'ailleurs être inquiétés pour recel", conclut Christian Polis.

La collection privée du Sprimontois ayant aussi été pillée, le projet de musée, soutenu par la Région wallonne sera reporté de plusieurs années.